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Le cinéma et la belette
Bonjour, Ici mes analyses et comparaisons de films, pour le plaisir de vos yeux. Bonne lecture !

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Par sebd59, le 19.11.2009

pas mieux de mon côté http:// www.centerblog .net/cinema/20 9989-320-2012- http://sebd59. centerblog.net...
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Par sebd59, le 19.11.2009

eh bien! quelle réactivité! moins de 15h après le film, voici déjà la critique. après tout, le cinéma pop-corn...
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Par Anonyme, le 19.11.2009

bonsoir, j'ai moi aussi lu le roman (dès sa parution et j'avais adoré). je n'attendais rien de particulier de ...
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Par dasola, le 16.11.2009

hello mon amie, j'ai beaucoup aimé ce film, pascal dusquesne y est magnifique un beau rôle d'acteur, je te sou...
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Par rosearcana, le 15.11.2009

toc toc, ouvre moi vite, il pleut dehors!! je passe juste te faire un gros bisou et te souhaiter une bonne sem...
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Par rosearcana, le 02.11.2009

merci beaucoup pour ta visite et pour ton com, merci aussi pour ta suggestion, j'y avais pensé à mettre soit u...
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Par rosearcana, le 26.10.2009

petit passage sur la pointe des pieds pour ne pas trop de déranger, mais pour déposer dans ton univers plein d...
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Par rosearcana, le 25.10.2009

bonjour vot re blog est très intéressant si vous le voulez bien je peux le référencer dans lamined'or... ...
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Par olivier, le 22.10.2009

note, maitenant que j'y pense, et pour rajouter un peu au crédit de rowling, ses elfes sont tout de même plus ...
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Par Mathieu, le 21.10.2009

... et c'est chouette que tu aies repris tes critiques! ca manquait!!...
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Par Mathieu, le 16.09.2009

c'est vrai que le film prend le parti de ne pas décrire les personnage comme le ferait le livre (qui s'axe dès...
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Par Mathieu, le 16.09.2009

un pur chef d'oeuvre ! je l'ai revu tout juste hier, c'est filmé magistralement =d http://laboite acrobard.fre...
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Par Clem, le 12.02.2009

semble être un film très intéressant, je l'espère le voir bientôt, je vais essayer de le voir en compagnie de ...
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Par fiorella, le 10.02.2009

bonjour, merci beaucoup d'avoir créé ce blog car il est très intérressant et bravo pour vos critiques ! je ...
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Par Anonyme, le 02.01.2009

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2012

2012

Conformément à la prophétie des Mayas, la terre se dégrade en l'année 2012. Les plaques tectoniques s'entrechoquent, des fissures se créent, la terre s'effondre, et ce qu'il y a dessus disparaît dans un gouffre énorme. Les tsunamis se multiplient, avalent les immeubles, noient les habitants. La population est effarée, tente de fuir l'inévitable. C'est la fin du monde ! Cependant, le gouvernement américain semble cacher quelque chose ...


 

"Les astronomes modernes corroborent la version de l’ancien peuple Mayas, le 21/12/2012, la Terre sera alignée avec le soleil, les autres planètes et le centre de la galaxie. C’est un phénomène galactique qui se prévoit tous les 25 800 ans. De plus ce jour-là, la Terre passera sous l’équateur galactique. Les effets pourraient être désastreux. Les courants du Sud et du Nord magnétiques circuleront en sens contraire, une inversion d’effets de champs pourrait survenir en traversant cet équateur galactique. La théorie des géophysiciens s’apparente à celle des Mayas. Ce phénomène, appelé “déplacement des pôles”, consiste en le déplacement du manteau terrestre en quelques jours ou quelques heures. Selon une étude de l’université de Princeton, les pôles se seraient déjà déplacées: il y a 800 millions d’années: le pôle Nord se trouvait au milieu du Pacifique et l’Alaska au niveau de l’équateur. Le déplacement a modifié le climat et le niveau de la Mer.Plus récemment, les scientifiques se sont aperçus que le pôle Nord magnétique a déjà bougé vers la Sibérie et que le champs magnétique de la Terre s’est affaibli." (http://fredlechat.spaces.live.com/blog/cns!AFC6A23B18683E60!4639.entry)


 

J'aimerais tout d'abord confirmer que, effectivement, ce film a de très bons effets spéciaux, les images sont sublimes, sensationnelles, angoissantes. Les couleurs sont vives, réveillent l'esprit et la peur. Dans cela, cette réalisation a tout pour elle, c'est un plaisir pour les yeux ! Les scènes d'actions sont très chouettes, bien montées même si deux-trois détails ont été mal gérés (à un moment, on voit que c'est simplement du montage carton pour un bâtiment qui s'effondre). C'est sympa, çà satisfait le besoin que nous avons lorsque nous allons voir ce genre de film : du grand spectacle qui arrache des OUaaah et des ooooh aux spectateurs !



Pour le reste, je dirais ... NEANT ! Le scénario est sans saveur, une pâle copie du Jour d'après. C'est la fin du monde, le gouvernement est au courant, mais cache un secret honteux à une population faible et sans défense. Les catastrophes se succèdent à une vitesse incroyable mais les héros sont des chanceux comme on en a jamais vu. Les fissures d'une terre qui ne tremble pas se créent toujours derrière les malheureux héros qui courent ou qui roulent le plus vite possible. Une énorme caravane réussit à faire des virages de malade à une vitesse qui dépasse l'entendement. Dieu les accompagne et çà se sait ! D'ailleurs les allusions religieuses (jurons, prières et les arches) sont nombreuses ...


A côté de çà, les énormes raz-de-marée de 1550 mètres réussissent à dépasser le Mont Everest, la terre prévient parfois qu'elle va se fissurer en faisant de gros remous comme un gros ver dans du sable. Mais la fiction est faite pour exprimer des choses incroyables, alors je vais un peu me taire mais si je n'aime pas qu'on tente de me jeter de la poudre aux yeux en faisant paraître qu'un film se base sur un fait réel mais qu'il ne respecte aucune cohérence et aucune création ! Je dois juste avouer que ce genre de film nous plaît pour ces côtés fanstamagoriques et héroïques. Cà relève du décalage entre nous et le film, çà nous fait vibrer, çà nous entraîne dans un tourbillon d'excitation. Mais au plus l'histoire se tient, au mieux c'est !


Et sinon, tous les stéréotypes se rejoignent. Le héros est un homme divorcé avec deux enfants dont un fils rebelle qui ne supporte pas son absence en tant que père. Sa petite fille est mignonne tout plein. Son ex-femme s'est remariée mais l'aime toujours, elle lui donne une seconde chance. Et le mari de second choix est un homme qui se montre stupide mais en fait, il est doué et très gentil mais bon, il ne va pas avoir de chance le pauvre.



Les acteurs font de grands yeux sans expression mais censés en exprimer, les femmes froncent des sourcils et sont toujours au bord des larmes. Les hommes sont forts et cachent leurs sentiments, ils ont des fois l'air sournois mais sont bons au fond d'eux. Les femmes sont soit des mères apitoyées soit des politiciennes fortes que tout le monde admire !


Le méchant est un vilain russe caricatural plein d'argent, au physique désagréable et au verbal douteux. Il a deux fistons jumeaux capricieux à souhait mais ceux-ci sont de vraies stars de la rédemption et deviendront deux bons agneaux à la fin du film. Le mauvais papa est une ordure égoïste qui exploite une jeune russe quasiment vouée à la prostitution et celle-ci pourtant si cruche au début, se révélera d'une lucidité désarmante avant d'évidemment mourir vu que sa vie est fichue après la mort de son amant. Et pour finir ce charmant tableau, le papa deviendra un héros de seconde zone.


Le président est de peau noire et proche de sa population ... Sa femme est décédée et sa fille chérie est loin de lui et courageuse et intelligente. Mais ce malheureux homme est trop généreux donc il faut une fin déchirante.Les indiens sont stéréotypés et le pauvreté éclate au grand jour et ils meurent tous.


Et le summum du summum, les américains sont admiratifs envers les chinois et leurs évolutions technologiques. Ils deviennent de grands amis. Le terrain est préparé pour des négociations commerciales !!!



Le Huitième jour

Publié le 10/11/2009 à 13:51 par beletteverte Tags : 8e jour trisomie pascale duquenne daniel auteuil amour fraternel systeme humanité
Le Huitième jour

 

Date(s) de Sortie(s) : FRANCE

22 mai 1996

 

Réalisé par : Jaco Van Dormael
Avec : Daniel Auteuil, Pascal Duquenne, Miou-Miou, Henri Garcin, Isabelle Sadoyan, Michele Maes, Fabienne Loriaux, Hélène Roussel, Alice van Dormael...
 
Distributeur :

Pan Européenne Distribution

Genre :

Comédie dramatique

Pays :

France, Belgique

Durée :

1h58

Harry a une vie insipide et chronométrée : il s'inflige à lui-même son processus de vente ; sourire et faire comme si tout allait bien. Mais c'est loin d'être le cas : sa femme est partie en emmenant leurs deux petites filles. Il lui est interdit de les voir. Alors qu'il songe à finir ses jours dans sa voiture en plein orage, il a un accident et rencontre George, un homme trisomique qui s'est enfui de son institut. A partir de ce moment, Harry va comprendre ce que c'est la vraie vie, ce que sont les vrais sentiments. Et le soleil va enfin apparaître !

Harry est le symbole de ce que nombreux travailleurs subissent : victime de son travail et de ses préceptes, il confond le professionnel et le personnel. Il s'en trouve changé, sa famille ne le reconnaît plus, la carapace est trop épaisse : elle part. Il souffre de tout çà mais ne réussit pas à s'en sortir. çà devient un cercle vicieux. Vu que celles qu'il aime ont quitté le foyer familial, il ne lui reste plus rien, simplement un appartement sophistiqué impersonnel. Mais il doit continuer à vivre, ou plutôt il doit survivre. Il verse donc complètement dans son monde aseptisé d'apparences. Il se consacre avec dévouement à son travail. Du coup, il cumule les erreurs, il oublie les jours importants de ses propres enfants. Il se les met à dos, plus personne ne veut le voir. Pour lui, plus rien ne compte. Il veut intenter à ses jours et par bonheur, George croise sa route.

George est un trisomique, ses réactions sont comme celles d'un enfant. Il est empli d'amour et de craintes et les exprime en vrac. Il est dans un institut spécialisé. Il a une amie qu'il aime beaucoup. Mais voilà, il lui manque sa maman. Il attend sur les marches de l'entrée l'arrivée de celle qui lui a donné le jour. Les parents des autres hospitalisés viennent chercher leurs enfants, il n'y a pas de raison que personne ne vienne pour lui, Harry. Mais voilà, le soir tombe, personne n'est venu. Il part, à l'aventure avec une adresse en tête : le 8 rue des cerisiers. Il n'en démord pas.

La rencontre de Harry et de George est providentielle : Harry, après un petit moment à ne pas savoir comment agir avec un trisomique s'en accoutume parfaitement bien. Il écoute enfin sa vraie personnalité et il communique tout son amour à George qui enfin, est accepté tel quel, qui enfin n'inspire la peur ou le rejet. La relation qui se tisse entre les deux hommes est unique, magnifique, magique. Harry fait fi de toute conventionnalité. Il réalise à quel point son monde professionnel lui claque la porte de la vie au nez.

Jamais son sourire n'était vrai, tous ses gestes étaient calculés. Il subissait le réveil à 07h30, les tartines grillées, son brossage de dents, les embouteillages, ses formations devant des personnels de banque tous habillés de la même façon portant la même expression sur le visage. Il subissait son poste, sa situation d'homme célibataire, il ne se battait pas. En observant George qui voulait à tout prix retrouver sa maman pourtant décédée depuis 4 ans, sa petite amie, son chocolat alors qu'il est allergique, ses chaussures ... en voyant que George, à qui le sort n'a pas offert un beau cadeau, savait se battre, savait sourire, aimer et ne pas perdre son innocence, Harry a décidé de se laisser aller dans le cours des choses.

George a fait découvrir à Harry que la vie méritait qu'on lui accorde du temps. Que prendre une minute à s'allonger sur l'herbe, çà peut éclairer la monotonie du quotidien, qu'écouter un arbre, çà peut donner de la force, que la solitude, même si on croit que çà sauve, çà fait mal et que l'humain par définition ne peut vivre seul. Que l'apparence, ce n'est pas le coeur, que çà vaut la peine de se battre et qu'on peut obtenir ce qu'on veut si on en a la force !

Les scènes sont si belles, si touchantes. L'histoire ne tourne heureusement pas au mélodrame : il y a des passages très drôles, notamment, celui où George veut des chaussures à tout prix, ou lorsqu'il voit Luis Marino dans son imaginaire, celui où il tient à manger plein de chocolat alors qu'il y est totalement allergique, ou celui où il fait des bruits d'animaux dans le miroir et qu'il utilise çà pour faire un peu peur à la caissière. Mais ces passages montrent aussi à quel point un handicapé est fragile, qu'il ne peut pas tout le temps contrôler ses envies, ses pulsions. çà rend un passage très émouvant. Il est au restaurant avec Harry, il porte des lunettes de soleil afin que les clients ne réalisent pas qu'il est trisomique. George trouve la serveuse jolie, il lui offre une fleur, elle en est émue et elle s'en retourne aux cuisines. George la suit car il veut lui offrir son ouvrage de couture. Il la surprend, il lui tend le paquet et en même temps, il ôte ses lunettes. La fille le regarde alors effrayée en balbutiant "désolée, désolée, je ne savais pas" et elle s'encourt plus loin. George reste interloqué et triste, avec un regard tellement désabusé et résigné. Il quitte la cuisine, et puis il tombe sur le sol et se roule en boule en geignant comme un enfant. Harry le rejoint et s'allonge auprès de lui et le calme en lui offrant la chaleur rassurante de son corps.

Ce film ne veut pas faire passer le trisomique comme victime, bien au contraire. Effectivement, il est jaugé par d'autres de façon humiliante car comme dit son compagnon "On ne remarque quand l'autre nous ressemble, c'est la différence qui nous marque, qui nous choque". En plus de çà, dans ce film, George est très affligé par la mort de sa maman, il l'imagine très souvent, c'est en quelque sort son mentor imaginaire, Cependant, le plus à plaindre dans la première moitié de ce film, c'est Harry, victime du système, de son propre système. L'absence de sa femme sans motif le torture, il s'imagine lui parler mais jamais aucun dialogue n'est possible. Rencontrer un être plus vulnérable en surface mais humain à 100%, çà le change, çà lui fait découvrir ce qu'il refoule au fin fond de lui-même.

En tout cas, c'est bien vrai : "Au huitième jour, Dieu créa George ... Et il vit que c'est bon !"



Comme commentaire d'ordre personnel, je tiens à signaler que j'ai eu l'occasion de côtoyer Pascal Duquenne l'année dernière, et que lorsque j'ai seulement vu ce film ce week-end, j'ai réalisé à quel point la similarité était prononcée. Cette sensibilité n'est en aucun point exagérée, même si je ne prétends pas le connaître et que donc, je ne connais pas ses réactions les plus extrêmes. Et c'est vrai qu'au début, je n'avais pas compris qu'il est trisomique et donc, je ne m'adaptais pas bien à certaines de ses attitudes. Je trouve que nous devrions être davantage sensibilisés afin de pouvoir réagir justement et humainement ! Et aussi, je lance un coup de gueule contre l'instrumentalisation de Pascal Duquenne, notamment dans cette affreuse publicité : http://www.wat.tv/video/pascal-duquenne-dans-pub-simyo-16spx_kcl5_.html

Le Seigneur des Anneaux

Publié le 21/10/2009 à 13:40 par beletteverte Tags : Seigneur des Anneaux mon precieux gollum smeagol merveilleux sauron frodon gandalf nazguls harry potter
Le Seigneur des Anneaux

Enfin, je la fais la critique de cette Trilogie cinématographique (car le livre n'est en réalité qu'un seul livre) !

Alors, déjà, lorsque j'ai regardé le 1er, je devais avoir quatorze ans.
Les méchants Cavaliers Noirs, avec les bruits de sabots en surround, ils me faisaient trembler, glagla ! Maintenant, j'ai revu les trois films en une grosse semaine : les Cavaliers Noirs, je les trouve classes. Quelle prestance. La bonne idée ! Le surround était toujours là, alors çà donnait une excellente ambiance ! D'ailleurs, les appeler les Nazgûls serait quand même plus approprié. Par contre, je ne me rappelle pas comment se nomment leurs montures affreuses du Troisième Âge mais l'idée que le bruit qu'elles émettent t'empêche d'être lucide est affreuse !

En tout cas, pour revenir à une critique constructive, le premier Seigneur des Anneaux met évidemment tout en place : les personnages, le mythe, l'univers, la peur. Au début, il y a un concentré écoeurant d'amour et de fraternité entre Gandalf, Frodon, Bilbon, Sam, Pippin et Merry. Les joyeux rires, les yeux qui brillent, les ralentis, le soleil dans l'herbe, la main dans la main ... C'est trop ! Mais dans le livre, le premier, ces démonstrations affectives sont nettement plus marquées dans les paroles et aussi en chansons, et tout çà vernis d'un vocabulaire raffiné ! Je n'en pouvais plus de lire çà ! Et lorsque le passage concernant les terres elfiques s'est alourdi, j'ai abandonné la lecture ! J'avais envie de leur tirer les oreilles à ces fameux Elfes, si magnifiques, si parfaits, si gambadants, si légers ... Heureusement, cette ambiance trop parfaite est ternie par Bilbon et Gandalf tourmentés par l'anneau. Et lorsque Frodon doit rejoindre Fondcombe, enfin, çà devient vraiment palpitant.

Dans les films, nous évitons les lourdes descriptions balzaciennes des paysages. Nous les voyons directement, magnifiques, avec ce fameux contraste entre les belles couleurs qui respirent la vraie vie, l'amour et la joie et les paysages sombres, édentés, brumeux, qui illustrent la déchéance, l'esprit perverti, la mort. Les décors sont extrêmement bien construits et du coup, çà plonge le spectateur dans l'histoire. C'est très représentatif du merveilleux. Le beau féerique qui devient le glauque diabolique, à l'échelle du cauchemard typique duquel on aimerait sortir. Dans le livre, la description de la Moria était très intéressante, avec son côté oriental, mais dans le film, j'ai trouvé le décor très rigide, ce qui m'a un peu déçue. Cependant, le reste était à la hauteur, avec les pics très raides du Mordor, la Minas Tirith toute blanche, belle, un peu déphasée, la Fondcombe chaleureuse, le Poney Fringant angoissant ... Vraiment de belles images qui font plaisir à l'imagination et au besoin d'immersion !

C'est aussi les deux dimensions de notre réalité : la paix avec les personnes qui s'aiment (ce côté idyllique auquel beaucoup d'entre nous aspirent) et la guerre avec ses controverses, ses manipulations, cette avidité de pouvoir. D'ailleurs, ce shéma manichéen est drôlement (façon de parler) reproduit, puisque les êtres diaboliques et pervertis sont des orques monstrueux, des personnes de couleurs à turban autour de la tête, des dirigeants à noms arabes ... Les images sont quand même discriminatoires, mais en même temps, selon l'esprit de l'époque (après-guerre). Heureusement, l'esprit fictif l'emporte. Dans le livre, la présentation de la Terre du Milieu et de tous les conflits entre Elfes, Nains, Petites gens et Hobbits sont vraiment décrits comme étant des faits historiques et nombreux sont les points communs avec notre réalité, cette façon de se battre pour des territoires, les migrations, les zones géographiques influant sur les habitants ... Cette mise en parallèle rend ce passage bien plus captivant.

Les acteurs ne me plaisent pas vraiment ... sauf Smeagol alias Gollum, qui a une dégaine impressionnante. Cet être répugnant et bestial est le meilleur personnage de la trilogie : c'est celui qui a le plus de caractère, celui sur qui l'attention se focalise le plus. Un personnage schizophrène, fourbe, mauvais, cupide, condamné à ne jamais expier son péché envers son frère. L'anneau ne fait finalement que révéler le fond réel de ceux qui sont ses adeptes. Si cet instrument de malheur existait réellement, nous verserions dans un tel chaos ! Nous n'y ristérions certainement pas. Dans l'histoire, c'est quand même ce qui est démontré : ce qui est dommage, c'est qu'il semblerait que l'anneau n'ait aucun pouvoir sur les personnes un peu simplettes. Donc, Sam Gamegie est un concentré de stupidité et de loyauté envers Frodon. En tout cas, dans les première et deuxième parties.
Dans Le Retour du Roi, son rôle prend plus de poids, il gagne en maturité par son désir de rester sur le droit chemin : Il gagne en force et même en caractère lors qu'il pressent que Gollum ne mérite aucune confiance ! Par contre, j'ignore ce qui est voulu ou si le jeu des acteurs est ambigu, mais l'approche entre Sam et Frodon semble tellement amoureuse que j'ai toujours eu envie de dire "dommage qu'ils ne sortent pas ensemble", car après tout, ils se dévorent des yeux trois films durant. C'est mon point de vue !


Le côté merveilleux se ressent très fort dans le côté intouchable de certains personnages :

- Gandalf est voué à mourir dans le premier mais par la suite, il renaît de ses propres cendres, car après avoir combattu l'énorme monstre de feu, il a réussi à se rattraper sur un petit rocher. Alors qu'il était grisonnant, mal en point, vieilli, usé, il revient en pleine forme, blanc, avec une aura d'énergie inépuisable. Il rayonne sur son beau cheval blanc et ne se salit jamais, même en étant dans la boue.

- Les femmes Elfes sont toujours des personnages qui subjugent ceux qui sont amenés à les rencontrer. Elles sont enveloppées d'un halo qui confère leur statut d'immortelle et de belle dame diaphane.

- Les cheveux de Legolas ne s'emêlent jamais malgré leur longueur.

- Sauron est un oeil gigantesque qui voit tout et tout le monde mais pas ceux qui rentrent dans le Mordor. Il est cultussime à voir qui porte l'anneau unique mais pourtant il ne voit pas que Frodon, Sam et Golumm arpentent ses terres.

- Saroumane et Gandalf se battent sans se toucher, grâce à leurs bâtons aux suprêmes pouvoirs.

- Les Gros Nazgûls sont que des maigres esprits enveloppés de capes noirs, mais ils ne valent pas un kopec sans leur monture. Alors, ils étaient sur de fiers chevaux noirs et sentaient la mort, et puis ce sont devenus de vrais rapaces sur des créatures sorties tout droit des enfers, engloutissant plein de gens du Gondor, car apparemment, ce sont ceux-là qu'elles préfèrent. Mais ce sont de gros chats qui les saisissent avec leurs crocs et puis qui les envoient valdinguer sur les remparts de la belle cité Minas Tirith.

- Les morts sont des méchants qui deviennent gentils car ils veulent être libérés. Alors qu'ils sont diaphanes, translucides, vaporeux, leurs armes sont bel et bien meutrières

- ... et j'en passe. J'aime beaucoup cet aspect qui a un côté similaire aux manges de superhéros. Car après tout, çà fait rêver, çà fait du bien.



J'ai été sidérée par la similarité entre le Seigneur des Anneaux et les Harry Potter :

- Dumbledore = Gandalf (nobles, posés, professeurs ... par contre le schéma de l'homme qui vieillit est inversé ... Dans Harry Potter, la suite est plus logique)
- Ron = Sam (roux et ahuris)
- Frodon = Harry (le même côté halluciné, et c'est toujours les autres qui font à sa place)
- Voldemort, qui crée des horcruxes et qui ne supporte pas les Sans de Bourbe, qui finalement sont des bâtards selon lui = le méchant Sauron qui a divisé son âme dans neuf anneaux et qui a une armée exotique ayant la soif de sang.
- Poudlard = La Comté (un paradis amusant dans lequel le mal finit tout de même par rentrer)
- La quête de l'immortalité et la mort qui envahit les coeurs et le monde

- Aragog = Arachne (mais bon sang, elle est bien plus horrible l'araignée dans le Seigneur des Anneaux, avec son nid collant, gluant et son entrée protégée par une toile qui enroule les humains délicieux à dévorer encore vivants)
- La magie (ben oui, quand même !!!)

 

Voilà, j'en finis ici, peut-être que j'aurai encore quelque chose à rajouter plus tard, mais en attendant, je tiens à vous satisfaire :)

Le hérisson

Publié le 16/09/2009 à 13:32 par beletteverte
Le hérisson
* Titre : Le Hérisson
* Réalisation : Mona Achache
* Producteur : Anne-Dominique Toussaint
* Scénario : Mona Achache, Muriel Barbery, d'après son roman L'Élégance du hérisson
* Séquences animées : Cécile Rousset
* Musique originale : Gabriel Yared
* Tournage : 2008
* Dates de sortie :
o 3 juillet 2009 en France
o 5 août 2009 en Belgique
* Pays : France

* Josiane Balasko : Madame Michel, la concierge
* Garance Le Guillermic Paloma Josse, la petite fille
* Togo Igawa : Monsieur Ozu, le nouveau propriétaire
* Anne Brochet : Solange Josse, la mère de Paloma
* Wladimir Yordanoff : Paul Josse, le père de Paloma
* Gisèle Casadesus : Madame De Broglie, la personne âgée du 3ème étage
* Jean-Luc Porraz : Jean-Pierre, le joueur d'échec solitaire


Paloma Josse a onze ans et elle refuse d'être un poisson dans un bocal. Les adultes la dépriment. Elle passe une partie de son temps libre à filmer les personnes qui l'entourent, c'est-à-dire ses parents, ses voisins ... et la concierge, Madame Michel ... et son chat. Madame Michel est une concierge à la façade stéréotypée des personnes qui occupent son poste : revêche, renfermée, et dont les deux seules occupations sont d'espionner les voisins et de regarder la télévision ! Mais, qu'en est-il réellement?

J'avais lu le livre L'élégance du Hérisson avant de savoir qu'une adaptation cinématographique allait en ressortir. En allant à Paris, quelle ne fut pas ma surprise en voyant le titre Le Hérisson s'étaler sur le cinéma Pathé de la Place Clichy ! J'ai attendu avec impatience la sortie belge du film !

Le roman est un concentré de réflexions philosophiques, humanistes et défaitistes. La petite fille, Paloma, est une gamine très intelligente et surtout mature. Elle pose un regard critique sur tout ce qui l'entoure, elle se refuse obstinément à grandir du fait qu'elle considère qu'un adulte est comme un poisson enfermé dans un bocal : il est emprisonné par sa propre vie. Dans le livre, elle explique son quotidien et ceux de ses parents, elle émet des critiques, elle essaye de comprendre comment on devient comme çà. Que vaut sa vie si c'est pour devenir ainsi ? Mais l'arrivée d'un Monsieur Ozu, un Japonais raffiné et intelligent, un monsieur qui semble passer au-dessus du mutisme adulte et qui a des discussions plus intéressantes, cette arrivée imprévue va la perturber.

Mais elle ne va pas perturber qu'elle. La concierge du même immeuble, une femme extrêmement cultivée qui cultive justement sa façade revêche afin d'être tranquille, va voir également sa vie chambouler. Monsieur Ozu n'est pas dupe, il la perce sous son vrai jour. Ensemble, lui, Paloma et Mme Michel vont apprendre à se découvrir soi-même et à découvrir l'autre. Le livre décrit tout çà par des phrases métaphysiques, analytiques, métaphoriques et poétiques.

D'emblée, cela semble très difficile de retranscrire çà dans un film ! Mais la réalisatrice a eu la bonne idée. La caméra sur épaule, un procédé qui crée une relation intimiste avec le spectateur. Toute l'histoire s'en retrouve toute retournée. La quasi fin est au début, et le film prend évidemment moins son temps que le roman qui décrit tout petit à petit. Dans le livre, on connaît les personnages d'emblée. Les récits de Paloma et Mme Michel s'entre-mêlent et donc, les dés sont lancés. Dans l'adaptation cinématographique, le profil de Mme Michel est plus difficile à cerner. Qui est cette femme bougonne avec son gros chat sur les genoux? Josiane Balasko incarne à merveille mais en même temps, c'est facile pour elle qui a toujours eu ce genre de rôle. C'est un personnage râleur au physique peu avenant et souvent, elle joue des rôles qui font qu'elle n'est pas supportable. C'est là son intérêt !

Les questions existentielles de la petite fille sont toujours présentes grâce au fait qu'elle chuchote derrière la caméra. Le côté des prises de vue altérées par une caméra instable rajoute un côté très réaliste. On plonge dans le quotidien de Paloma, le quotidien d'une famille timorée. On observe avec elle son papa faible et emprisonné dans son costard, sa sœur portée sur son apparence et susceptible, sa maman maniaco-dépressive qui nettoie sa plante comme l'a fait si bien Léon. Par ailleurs le côté désabusé d'une enfant qui voit un monde qui lui déplaît a des aspects semblables à Mathilda qui observe dépitée son père, sa belle-mère et sa sœur, à ceci près que Paloma est attachée à sa famille et qu'elle aimerait qu'ils aillent mieux, car après tout, chacun a ses douleurs et chacun les exprime à sa façon, bonne ou pas.

Le film a réussi a alléger certaines scènes. Le poisson dans son bocal, dans le livre, c'est une expression complètement métaphorique. Dans le film, le poisson est vraiment présent, dans ce petit bocal classique des bandes-dessinées. Toujours en nous faisant part de ses réflexions existentielles, Paloma le filme et lui fait subir deux-trois traitements qui font quand même bien rire. La réalisatrice a compris qu'il fallait alléger l'histoire car le roman est très pesant, tellement vrai que çà fait quand même un petit peu mal au fin fond de soi.

Lorsque j'avais vu la concierge, au début du film, je me suis dit qu'elle était mal représentée, qu'en plus, on ne savait rien sur ses réflexions personnelles, qu'on mettait juste les apparences en avant. Je trouvais çà vraiment peu respectueux du personnage. Mais justement, au fur et à mesure, on apprend à la connaître grâce à Paloma et sa petite caméra. Son premier vrai sourire, la gêne lorsque des regards se posent sur ses livres, le côté endimanché qui ressort d'un manque de confiance en elle ... Tout çà peut signifier davantage que des mots.

Mon gros reproche est que l'adaptation cinématographique n'a pas tenu compte de l'arrivée de la poésie japonaise grâce à Monsieur Ozu, le nouveau voisin qui chamboule la vie de nos principales protagonistes. Toutes les références aux magnolias, le côté fleuri de leurs relations, la finesse du monsieur, tout cela est suggéré mais cependant trop peu exploité, et c'est dommage car beaucoup de beauté s'est perdue au change ! Heureusement, l'espoir qui réside dans cette histoire et la sensibilité des personnages et celle qui se crée entre eux, tout çà, c'est resté. Ce qui était une déception face au réel devient vers la fin un hymne à la vie : vivons pour ceux qu'on aime !

En tout cas, la réalisatrice a fait preuve d'une adaptation originale et personnelle, ce qui rend le film très agréable à regarder ! Dommage qu'il ne soit quasiment pas resté à l'affiche !

Quelques films

Publié le 19/06/2009 à 14:40 par beletteverte

Plusieurs conseils :

- Le dernier Terminator est une bête au niveau des effets spéciaux, quelque chose d'impressionnant dans les ambiances et des vaisseaux qui n'ont pas à rougir après les Star Wars et autres merveilles du genre. Cependant, le casting est dérisoire, mal choisi. Dommage mais heureusement, le film ne s'en retrouve pas gâché. Par contre, c'est assez déprimant au niveau "Est-ce que l'humain va s'en sortir?". Et il y a un clin d'œil pour notre Schwarzy !

- Je me suis rendue à la seconde avant-première de Panique au Village. Le concept est original et c'est sympa ... au début. Ensuite, c'est long, lourd et finalement quand même assez ennuyeux ! Mais, des réalisateurs belges, on ne peut pas les fustiger. Ils ont au moins eu le mérite d'essayer autre chose.

- J'ai été marquée par Requiem for a dream, le film le plus déprimant de par son réalisme et son rendu claustrophobique ! Alors, le passage avec le frigo qui semble vivant, çà marque l'esprit à jamais ! J'aime énormément le concept, le réalisme, l'intensité des jeux, l'atmosphère, et l'image de la pochette DVD est bien symbolique !

Bonne journée à toutes et à tous,

Et bonne lecture !

Comme tout le monde

Publié le 15/04/2008 à 12:00 par beletteverte
Comme tout le monde
Pays : France (2005)
Durée : 1h30
Réalisé par : Pierre Paul Renders
Avec : Thierry Lhermitte, Chantal Lauby, Gilbert Melki
Genre : Comédie

Jalil est monsieur tout le monde mais surtout, il est le plus grand intérêt pour un institut de sondage, vu qu'il est LE consommateur par excellence. Deux grands calculateurs vont tout centrer sur Jalil : l'espionner et surtout, faire entrer dans sa vie une femme jolie qui le rendra amoureux ... et qui est payée pour tester ses goûts au quotidien, sans que le monsieur ne se doute de rien.

J'avais opté pour ce film du fait qu'il y a deux très bons acteurs : Thierry Lhermitte et Chantal Lauby. Par conséquent, je m'attendais un à film comique comprenant le traditionnel jeu de dupes (cf. Le dîner de cons, L'invité ...). Mais ici, mes attentes ont été comblées et surpassées : la manipulation prédomine et le phénomène infernal de la publicité est très bien mis en avant. C'est une comédie effarante qui donne envie de détruire tout l'appartement, afin de vérifier que des caméras n'y soient pas dissimulées. C'est atroce de ce dire : "çà existe vraiment !" On remarque jusqu'à quel point les maîtres de la publicités sont capables d'aller : ils n'ont aucune limite lorsqu'il s'agit d'établir le profil-type du consommateur moyen afin de faire rentrer de l'argent. Et même le président de la République, dans ce film, joue sur ce profil dans la création de sa campagne électorale.

Par contre, derrière tout cette ingéniosité qui accorde la primeur au lien entre l'analyse du Mr ou Mme Tout le Monde et la façon de manipuler des sondeurs d'opinions, il y a le scénario trop prévisible de l'histoire d'amour entre la belle jeune femme rongée par la culpabilité et le mignon jeune homme immigré trop gentil et prêt à lui pardonner. Cependant, certaines scènes sont touchantes, notamment celles avec la famille de Jalil : des marocains très proches, respectueux et chaleureux qui se donnent de l'amour sans compter !

Les fantômes de Goya

Publié le 07/04/2008 à 12:00 par beletteverte
Les fantômes de Goya
Réalisé par Milos Forman
Avec Natalie Portman, Javier Bardem, Stellan Skarsgard
Film espagnol, américain.
Genre : Drame, Historique
Durée : 1h 54min.
Année de production : 2005
Titre original : Goya's Ghosts
Distribué par Studio Canal

Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle : en Espagne, l'Inquisition règne en force, par l'intermédiaire du Frère Lorenzo. Celui-ci accuse la jeune Inès, muse du peintre Francisco Goya, d'hérésie : elle est emprisonnée après d'horribles tortures et le temps fait son œuvre. Goya voit son monde s'écrouler : sa muse a disparu et son pays est dévasté par l'intrusion des troupes napoléoniennes. Pour un peintre au service de la cour, la situation est très délicate ...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Goya

L'atmosphère est impressionnante au début du film : sombre, couleurs très souvent obscurcies par le fait qu'elles sont tamisées. L'histoire est prenante grâce à un contexte historique bien mis en place (l'Espagne et l'Inquisition, fin 18e) et grâce à Javier Bardem, l'acteur principal, qui joue le frère Lorenzo.

Lorsque Nathalie Portman entre en jeu sous le personnage d'Inès, la muse du peintre Goya, des couleurs plus vives interviennent et égayent un peu l'ambiance ... Seulement, elle nous fait des yeux larmoyants durant ses brèves apparitions à l'écran, et on sent que l'histoire a voulu centrer beaucoup sur cette actrice au début. Cependant, deux scènes sont quand même très touchantes :

- le moment où elle est incarcérée par l'Inquisition : nue, frêle, fragile et sanglotante dans les bras d'un religieux aux idées sombres et malveillantes. C'est un passage effarant sous de nombreux aspects puisque Inès prie nue et confiante dans les bras d'un moine libidineux qui lui touche les fesses.

- les scènes de l'occupation française : Inès sort de prison, famélique, sale, minuscule, désespérée et complètement dépaysée ... Elle observe enfin la lumière du jour et voit un monde dévasté.

Quant au contexte historique, il est très intéressant mais manque toutefois d'un peu d'éléments qui rendraient l'histoire un peu plus compréhensible.

Javier Bardem est excellent : il mérite bien sa place de protagoniste principal avec son attitude effrayante. Il joue à merveille de ses yeux hallucinés et trop malins, de sa bouche démesurée, de sa gestuelle ample et calculatrice ... et j'en passe ...

La découverte des peintures de Goya est surprenante et semble tout à fait naturelle : j'entends par là que chaque apparition a un sens et ne détonne pas dans la suite des évènements. J'appréciais beaucoup l'accéléré sur la création d'une gravure par Goya et toute son équipe.

Ce film est donc à regarder pour tous ces points positifs et surtout pour l'acteur principal qui interprète le Frère Lorenzo. Cependant, le scénario est un peu fade et tire en longueur par sa banalité.

8 femmes

Publié le 18/03/2008 à 12:00 par beletteverte
8 femmes
Réalisé par François Ozon
Avec Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart
Film français.
Genre : Policier, Comédie
Durée : 1h 43min.
Année de production : 2001

Nous sommes dans les années 50, en pleine bourgeoisie campagnarde. C'est Noël. 8 femmes se réunissent dans la maison familiale afin de fêter cela ensemble. Mais le lendemain, le seul homme de la famille est retrouvé mort assassiné dans son lit. 8 femmes étaient là durant la nuit. Parmi elles, se cache la coupable ...

Ce film que je peux classer parmi mes préférés est digne d'un spectacle théâtral : 8 femmes dans un château. Pas de décor spécial mis à part la concordance des couleurs des murs et rideaux par rapport aux personnages. Un huis clos parfait !

8 caricatures interprétées par 8 actrices qui surjouent excellement, avec une très bonne maîtrise. Dès le départ, le vernis social qui se dégradera peu à peu est savamment mis en scène. En effet, nous assistons à la fêlure progressive des différents portraits présentés. 8 femmes bourgeoises qui se dévoilent peu à peu sous leurs vices les plus atroces. Ces personnes découvertes sont caractérisées par diverses couleurs :

- bleu royal : la femme mûre, royale, fière, théâtrale, dissimulatrice, avare, obsédée par l'argent et nombriliste ... interprétée par une superbe Catherine Deneuve à la gestuelle ample et expressive.
- rouge sang : la provocatrice, manipulatrice, ambiguë, charmeuse et charnelle jouée par Fanny Ardant plus belle que jamais, séduisante et à la voix suave, cette voix qui est lui est tellement caractéristique.
- vert ou bleu pastel : l'adolescente de 16 ans, rebelle, revendicatrice de liberté et d'un naturel qui fait de elle ce qu'on appellerait communément un garçon manqué qui n'a pas froid aux yeux. Cette jeune fille est interprétée par Ludivine Sagnier qui est pourvue d'une fraîcheur et d'un peps incroyables !
- rose bonbon : la jeune femme fragile, aimée de tous, souriante, désarmante par sa candeur, et la fille à sa maman, confidente et fleur bleue mais qui possède un secret peu reluisant, rôle magnifiquement endossé par Virginie Ledoyen, qui chante d'ailleurs très bien !
- noir et blanc : la bonne insolente, effrontée et peu souriante, jouée par une Emmanuelle Béart qui fait bien peur avec son air sombre et sa façon de se déplacée.
- bleu marine - gris : la gouvernante bonne vivante, qui sent bon les pays chauds par sa peau chocolat et dont l'apparence donne la protection à toutes les petites protégées mais qui cache un secret qui heurte la bienséance de la bourgeoisie ...
- gris : personnage aigri , mal dans sa peau, hypocondriaque et qui a besoin énormément d'attention ...
- mauve pâle : la mamy, avare, alcoolique, menteuse, qui fait tapisserie ...

Ces 8 femmes sont donc 8 couleurs : ces mêmes couleurs sont reprises dans les tenues vestimentaires mais aussi dans les couleurs des différentes pièces de la maison ...

Ce film, en plus d'être une comédie théâtrale est aussi une jolie et surtout touchante comédie musicale avec de superbes chansons directement interprétées par les actrices elles-mêmes. Les chansons sont de moins en moins innocentes tout comme les personnages qui défilent ont de plus en plus de choses à se reprocher ...

Tout est ciblé sur la gestuelle, les expressions des protagonistes mais aussi sur les mouvements et tenues vestimentaires : la robe rose innocente qui virevolte au gré des pas de danse joyeux, la robe rouge qui colle au corps charmeur, la robe bleu royale à la coupe parfaite et rigide, la robe bleu marine sans coupe, sans raffinement ... etc.

La sensualité (dans tous les sens du terme) et la fourberie se croisent, se mélangent et ne font plus qu'un au final ... Ce film est tellement bien réalisé, surtout si bien joué qu'il en devient répugnant tout comme Sitcom (sorte de télé-réalité du même réalisateur) ...

Il faut revoir le film une seconde fois pour comprendre tous les détails.
En tout cas, c'est une réalisation surprenante que je verrai encore plusieurs fois, avec plaisir !

Filles perdues, cheveux gras

Publié le 25/02/2008 à 12:00 par beletteverte
Filles perdues, cheveux gras
Date de sortie : 10 Septembre 2002
Réalisé par Claude Duty
Avec Amira Casar, Marina Foïs, Olivia Bonamy
Film français.
Genre : Comédie

Trois filles perdues ... trois filles seules ... trois filles qui vont vivre leur douleur ensemble. Elodie veut retrouver sa fille, Natacha son chat et Marianne son identité.
Chacune va s'épauler malgré l'asociabilité de l'une, l'alcoolisme de l'autre et la carapace de la dernière. Luttes, manipulations, amour et féerie vont se rencontrer mais qu'est-ce qui triomphera?

Ce film est bouleversant pour sa simplicité désarmante. Nous avons trois femmes qui n'ont pas eu toutes leurs chances et qui ont fait de mauvaises rencontres. Ce scénario cerne avec finesse la psychologie de chacune et assemble chaque morceau, ce qui donne un résultat détonnant : trois femmes qui ne sont pas du même monde et dont les personnalités sont très divergentes, vont se rencontrer et s'épauler.

Je craignais que ce film véhicule un féminisme excessif, mais pas du tout. Effectivement, il s'agit de l'histoire de trois femmes, chacune blessée par un homme ... Cependant, cet aspect n'est pas mis en avant-plan. Ce qui l'est, par contre, c'est l'amour que chacun peut trouver en l'autre. C'est le fait, que si elles veulent en finir, elles feront du mal à ceux qui les aiment.

Il s'agit également d'un mélange extraordinaire de dérision et de détresse : si la tristesse n'était pas accompagnée de comédie, cette réalisation serait déprimante. Le jeu des actrices est magnifique. Pas une n'est meilleure que l'autre : elles se valent et forment un superbe trio.

En plus, c'est aussi une comédie musicale, mais rien à voir avec les traditionnelles (on n'est ni dans Moulin Rouge, ni dans Chicago) : chaque personnage chante une chanson représentative de son état d'esprit (ou plutôt de détresse) et c'est très émouvant. C'est un scénario très sensible, très profond. Au début, on ne voit que la surface des protagonistes et puis, on observe leurs qualités et leurs travers, leurs pensées dissimulées et du coup, on s'y attache.

Et enfin, il y a un fort côté psychédélique dans la façon de tourner à certains moments ... Il y a des scènes très incongrues : un passage animé sur la princesse qui adore le Soleil, les instants passés un ethnologue espagnol, le trajet avec un Inca ... çà rajoute un mystère énorme dans une comédie qui tire vers le dramatique ...

Magnifique ... Un des meilleurs films français que j'ai vu !!! Et beau titre aussi, très significatif ...


Petite précision suite au commentaire de Mathieu : Effectivement, je tiens à préciser que lorsque les actrices chantent, elles ne le font pas toutes les 5 min (quoique, au début, elles chantent chacune à leur tour mais c'est très varié et pas du tout lassant) ... La musique donne en effet plus de légèreté mais pas tout le temps ... Au début, c'est triste mais au moins, on comprend l'état d'esprit de la femme qui chante sa douleur ...

Ce film n'est pas du tout lissé, au contraire ... Il y a des scènes qui pourraient peut-être sembler cucuche (genre, elles se tiennent la main ou autre, en chantant les yeux dans les yeux) mais cela introduit la notion d'amour dans un film où tout n'est pas tout gentil tout beau !

Et enfin, "cheveux gras", pourquoi? Car Elodie, la fille asociale, s'est laissée aller, au contraire des deux autres, qui ont toutes les deux un style très particulier. "Cheveux gras", c'est aussi pour souligner qu'Elodie est le point de rattachement entre deux femmes que tout sépare. Si le titre n'était que "Femmes perdues" ... çà ne serait pas assez significatif !



Mémoires d'une Geisha

Publié le 11/02/2008 à 12:00 par beletteverte
Mémoires d'une Geisha
Réalisé par Rob Marshall
Avec Zhang Ziyi, Gong Li, Michelle Yeoh Plus...
Film américain.
Genre : Drame, Romance
Durée : 2h 20min.
Année de production : 2004
Titre original : Memoirs of a Geisha

Quelques années avant la Seconde Guerre Mondiale, Chiyo et sa soeur sont enlevées au père veuf et endetté afin de les placer. Chiyo atterrit comme servante dans une maison de geisha et sa soeur, dans une autre maison.

Chiyo doit se plier aux contraintes de la vie austère des Geishas. Au départ, elle n'était que servante. Mais, par sa beauté exceptionnelle du fait qu'elle a les yeux bleus, elle accède au rang supérieur et devient la geisha la plus reconnue de Sayuri.

Mais c'est sans compter sur la jalousie féroce d'Hatsumomo, une Geisha bafouée par son non respect d'une tradition très importante dans les traditions. Et c'est surtout l'histoire d'une Geisha amoureuse et qui n'a aucun droit de l'être ...

Ce film est incroyablement bien réalisé et Rob Marshall a bien interprété le livre magnifique d'Arthur Cohen. Ce qui est dommage, c'est que la V.O. soit en américain mais en même temps, les japonaises ont un accent à trancher au couteau et donc une certaine fraîcheur d'authenticité est maintenue.

Pour en revenir au livre, certains passages "épineux" du roman ne sont pas repris (il faut admettre que si c'était le cas, le film serait beaucoup plus long). Je trouve que c'est un manque cruel que la tradition du mizuage ne soit plus expliquée et dévoilée car il s'agit quand même de la cérémonie ultime qui fait que la jeune maiko devient une Geisha en perdant son virginité vendue au danna le plus offrant.

Les contraintes, l'austérité et le stoïcisme de la formation des futures Geishas sont splendidement découverts dans ce film authentique. L'actrice principale n'était pas la meilleure interprétation tout au début (la timidité allait moins à son personnage que par la suite) mais elle s'est rattrapée lorsque son personnage évolue dans la maison de Geishas. Les autres protagonistes étaient excellents par ce réalisme qui transpirait à chaque moment.

La musique est magnifique et accompagnée de décors splendides reprenant parfaitement les caractéristiques des coutumes japonaises et respectant l'état d'esprit de l'époque ainsi que la chronologie qui a mené au déclin des Geishas! La trame historique est donc bien respectée tout en étant magnifiquement romancée !


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