Publié le 28/01/2008 à 12:00 par beletteverte
# Mel Gibson : William Wallace
# Sophie Marceau : Princesse Isabelle de France
# Angus Macfadyen : Robert le Bruce
# Brendan Gleeson : Hamish Campbell
# Patrick McGoohan : Roi Edward
# James Cosmo : Campbell
# Catherine McCormack : Murron
# Brian Cox : Argyle Wallace
# David O'Hara : Stephen l'Irlandais (le fou)
# Peter Mullan : Un vétéran
# Ian Bannen : Père lépreux de Robert le Bruce
Fiche technique
* Titre français au Québec : Cœur Vaillant
* Réalisateur: Mel Gibson
* Date de sortie aux États-Unis : 24 mai 1995
* Date de sortie en France : 4 octobre 1995.
* Durée : 2 h 51.
* Genre : Historique
* Scénariste : Randall Wallace
* Producteurs : Bruce Davey, Mel Gibson et Alan Ladd Jr.
* Musique : James Horner
* Photographie : John Toll
* Budget : 53 millions de dollars (estimé)
Le jeune William Wallace voit son père mourir suite à une bataille contre la domination Anglaise. Avec son oncle, il quitte son Ecosse natale pour traverser de nombreuses contrées et se former aux combats et au savoir. Il revient, à l'âge adulte : rien n'a changé et encore moins sa rancune envers ce peuple qui occupe leurs terres, pratique la prima nocte et qui souille les siens. Il entraînera donc le peuple Ecossais à lutter pour son indépendance et à vaincre le roi Edouard 1er.
Il s'agit d'une réalisation splendide avec de très bons acteurs, de beaux décors (les paysages écossais et irlandais sont magnifiques) et une belle musique teintée de cornemuse ...
Mel Gibson, en plus d'être un acteur hors pair avec des expressions et un jeu si réaliste, est un réalisateur qui réfléchit à tout, qui met un point d'honneur à de ne pas verser profondément dans les clichés de l'héroïsme profond et du romantisme à deux sous (en cela, il s'oppose parfaitement au réalisateur de Kingdom of Heaven).
Ce film est un mélange d'amour, de pouvoir, de colère et de déception.
L'amour qui unit Murron et William Wallace est la seule touche de romantisme de cette histoire. Et pas le romantisme comme il est interprété actuellement ... Romantisme qui annonce quelque chose de sombre qui est animé par la cruauté et la vengeance. Là, je trouve vraiment cette histoire magnifique ... On part de la vengeance de Wallace, récemment marié à Murron (un personnage extraordinaire pour son naturel et sa beauté simple, interprété par Catherine McCormack) pour arriver à une histoire bien plus profonde : nous avons affaire à un combat pour la liberté mené par des hommes loin d'être formés à se battre mais dont la force augmente grâce à leur solidarité qu'ils réussissent à maintenir malgré toutes les tentatives de malversion. Là, je vois le second amour de cette histoire : si l'un des Ecossais meurt, tous le vengeront, tôt ou tard ... A côté, les anglais, qui dominent par leur pouvoir incontestable et leurs armées très bien organisées, mais ils ont l'air dénués de tout sentiment humain vis-à-vis de l'autre. Chacun ne pense qu'à soi, qu'à son pouvoir et son petit luxe.
Les scènes de batailles sont magnifiques quoique très sanglantes. Ces passages sont accompagnés d'une musique de circonstance et d'une exacerbation des bruits d'épées qui heurtent les armures et s'enfoncent dans les chaires. Pas d'héroïsme. Les Ecossais se battent pour trouver leur liberté et aucun ne supervise sans participer à la bataille. Chez les Anglais, le Roi, un cynique et machiavélique homme assoiffé de pouvoir et dépourvu de capacité à aimer (il dénigre son propre fils et manipule son entourage, mais il prouve son intelligence par ses stratégies pour les positions de chaque bataillon de l'armée anglaise), est le portrait même du type qui ne vit que pour lui et sa suprématie sur tous. On le voit se pavanant soit parmi ses sujets, soit sur son cheval, protégé par une rangée d'archers.
Je disais qu'il n'y a aucun héroïsme mis en avant-plan mais là j'altère la vérité : William Wallace est mis en avant, il s'en sort toujours et réussit incroyablement à mobiliser une population qui ne l'a pas vu durant des années. De plus, comme çà a été déjà fait remarqué, Wallace semble avoir des armes dans ses poches, car on ne sait jamais d'où il les sort si vite ! Mais, franchement, dans chaque film, il y a une dose d'exagération, et là, çà ne dérange en rien une réalisation magnifique !
Et enfin, les personnages sont étonnants de simplicités : au lieu d'avoir l'air benêt d'Orlando Bloom, la mise en valeur de la femme et l'effacement des autres protagonistes, nous avons un Mel Gibson époustoufflant par son jeu non agrémenté d'airs de cokers et d'homme à qui tout arrive (et tellement vrai lorsqu'il pleure après avoir constaté la trahison de quelqu'un à qui il avait accordé sa confiance). Nous avons également de belles scènes d'amour entre Murron et Wallace : toujours dans de splendides décors (la nature, le lac ...) et qui contraste avec la décadence qui s'annoncera par la suite. Le traître et le Roi sont aussi très bien interprétés. Par contre, le rôle de Sophie Marceau, qui joue la princesse Isabelle de France, m'a déçue parce que, finalement, on ne la voit quasiment pas.
Sinon, ce qui m'a profondément touchée, c'est le message de solidarité et également ce trop-plein qui finit par éclater chez les Ecossais. Ce film est un mélange de sentiments profonds et, en plus de sa technique parfaite, çà le caractérise énormément ! La trame historique me semble bien respectée puisque les informations sur William Wallace sont minimes. L'aspect "légende" que le film lui confère n'est pas une invention !
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/VernaG/leadership/disk/ecosse_index.htm
Publié le 19/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Nigel Cole
Avec Ashton Kutcher, Amanda Peet, Taryn Manning
Film américain.
Genre : Comédie
Durée : 1h 47min.
Année de production : 2004
Titre original : A Lot Like Love
Oliver et Emily vivent une rencontre fortuite et étrange dans un avion. Ensuite, ils décident de mener leur vie chacun de leur côté. Mais inévitablement, leurs chemins se croisent et semblent vouloir s'unir de plus en plus ! Sept années défilent, et leur relation s'approfondit ...
Comme indiqué sur la pochette, il s'agit bien d'un remake de Quand Harry rencontre Sally, film réalisé en 1989. De nombreux éléments sont repris : le principe même de la rencontre et de la durée, la rencontre dans l'aéroport, le voyage en voiture (même style de voiture en plus!), le souper dans un restaurant, la soirée mondaine ... Cependant, tous ces éléments sont retravaillés de façon à les rendre originaux et ils sont marqués par l'esprit du second millénaire. Le film de Rob Reiner était très libre d'esprit et splendidement interprété par la belle et classe Meg Ryan et le talentueux Billy Cristal. Ce film-ci est ... plus adolescent en quelque sorte ... Moins de profondeur dans les personnages (même si Amanda Peet interprète le sien à la perfection). Moins de pudeur également. Cela fait son charme : les dialogues sont directs et les actes plus spontanés. La relation est vue d'un autre oeil dans ce film-ci, puisque adapté à notre époque !
Ce que je reproche ici, c'est l'esprit purement californien : la richesse est facilement abordable et tu as tout ce que tu veux que si tu as la volonté de l'avoir. En bref, bienvenue en Californie, c'est le Paradis, et en plus il fait tout beau tout chaud : on peut déambuler à pieds et jambes nus dans le sable, près de la mer, la veille du réveillon du Nouvel An. De plus, çà ressemble un peu à une série : jolies maisons (bien entourées de verdure) et beaux jeunes gens.
Pourtant, malgré (et peut-même grâce au fait) que les aspects de la vie californienne soient polissés, il subsiste une sorte de fraîcheur émouvante dans tous les personnages. Les clichés sont nombreux mais manipulés de façon à les rendre agréables. Et certains passages sont magnifiques. Le principal que j'ai retenu (et dont j'aurais dû faire une capture d'écran) c'est au moment où Oliver et Emily s'enlacent nus, sur un monticule, devant la lune pleine et le ciel noir, dans le but de faire une photo. Je pense que c'est une des plus images d'amour qu'il m'ait été donné d'observer ! Une image émouvante car ils font çà sans pudeur et avec simplicité.
C'est un film attendrissant, ponctué par quelques passages qui font sourire et d'autres qui font battre le coeur plus vite ! Une comédie romantique, pur et simple : pour ceux qui n'aiment pas ce genre-là et qui n'ont pas envie de surpasser tous les stéréotypes véhiculés dans cette réalisation, il vaut mieux ne pas regarder. Moi-même, j'ai eu du mal à me plonger dedans au début ...
Publié le 18/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Alien vs Predator
Réalisé par Paul Anderson
Avec Lance Henriksen, Sanaa Lathan, Raoul Bova
Film américain.
Genre : Science fiction, Fantastique
Durée : 1h40min.
Année de production : 2003
Alien vs Predator Requiem
Réalisé par Colin & Greg Strause
Avec Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz
Film américain.
Genre : Science fiction, Epouvante-horreur
Durée : 1h 34min.
Année de production : 2007
Le premier est une sorte de mise en place des éléments : une zone anormale de chaleur est détectée sur l'Antartique ... Plusieurs spécialistes scientifiques sont envoyés sur place afin de déterminer ce dont il s'agit. Ils découvrent une pyramide qui est un croisement entre trois cultures et un tunnel creusé par un rayon très puissant. Mais certains n'apprécient pas forcément qu'on fourre son nez dans les affaires des autres. Mais surtout, les Aliens et les Predators ont décidé de se faire la guerre, coûte que coûte. Le requiem est donc la suite mais se déroule dans une petite ville des Etats-Unis.
Le premier a une jolie mise en scène et l'arrivée des Predators et Aliens est bien programmée. Le côté des rituels anciens abordé par le fait qu'une pyramide trône en-dessous de la glace, c'est quand même rigolo et çà rajoute un petit plus. Par contre, le scénario n'est vraiment pas très recherché et le jeu des acteurs est minable. Tous rejoignent une série de stéréotypes si caractéristiques dans le cinéma américain qui se veut abordable pour tout individu. Nous avons donc la meneuse sexy qui se balade en décolleté dans la navette alors que dehors, il y a un froid polaire. Nous avons le beau gosse aux yeux ténébreux et débordant d'humour qui tombe amoureux de la belle meneuse ; le scientifique un peu à côté de ses pompes et agare et la fille masculine que rien n'arrête. On peut donc dire que ce film n'est pas un chef d'oeuvre mais vaut la peine d'être vu pour ses effets spéciaux (l'aspect informatisé des Predators, très à la pointe de la technologie) et les beaux affrontements entre ces mêmes Predators et leurs ennemis, les Aliens (parfaitement repris des films de base, même si certaines choses sont édulcorées : la naissance par exemple).
Le second n'est qu'une suite sans intérêt. Le début est angoissant car il se déroule dans une forêt, ce qui fait un peu penser à Blair witch project ou à Joy Ride car ces deux histoires se réalisent soit dans une forêt, soit dans un énorme champ de blé ; on ne voit rien mais on entend ... On ne sait pas où la "chose" va surgir ! Mais à part çà, c'est plus destiné à en jeter plein la vue que le premier. Du sang et de nombreux zooms sur les dépouilles déchirées ou transpercées. Pas de ruses, pas de stratégies ... Juste des affrontements même pas correctement visibles : sous prétexte de vouloir davantage affoler le spectateur, les images sont zoomées et accélérées, ce qui fait que, finalement, personne ne voit rien, on ne fait qu'entendre des grognements et des bruits stridents (surtout si le cinéma met le son à fond pour soi-disant accentuer le côté effrayant) sortant d'une masse gluante et noire ... Qui a l'avantage? Qui fait quoi? D'ailleurs ... qu'est-ce qui se passe réellement? Donc, en ce qui concerne les batailles, déjà, ce n'est vraiment pas bien fait.
Les acteurs sont autant stéréotypés mais certainement également un peu parodiés : la blonde qui se dénude facilement et qui a des répliques stupides (du style : "Mais le gouvernement ne ment jamais"), le jeune amoureux fougueux et prévisible, le taulard caïd à la Prison Break, la femme téméraire et sa fille courageuse ... Et bla bla ! Mais il y a quand même plus d'humour ... minime ! Donc, finalement, le second est ennuyeux et insipide, mis à part la première demi-heure !
Publié le 17/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Marc Forster
Avec Johnny Depp, Kate Winslet, Radha Mitchell
Film britannique.
Genre : Drame, Famille, Fantastique
Durée : 1h 41min.
Année de production : 2003
Titre original : Finding Neverland
Le dramaturge James Barrie ne vit pas des moments faciles. Sa dernière pièce n'a pas du tout connu un succès et son couple sombre dans le désespoir muet. Un jour, il rencontre des enfants et leur maman, Syvia. James s'attachent énormément aux charmants garçons dont il s'inspire pour écrire une nouvelle pièce de théâtre et un lien profond se crée entre lui et Sylvia. Malheureusement, celle-ci étant veuve et lui étant marié, rien n'est facile ! Ce film est inspiré par la vie du bien réel dramaturge James Matthew Barrie dont voici la biographie sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Matthew_Barrie
Ce film est un chef d'oeuvre entaché par aucun défaut. Les couleurs sont si belles (très jaunes, très chaudes sauf dans la maison de James, si sombre, à l'image de son couple) et certaines images sont à pleurer tellement qu'elles donnent de la pureté à cette belle réalisation. Les beaux paysages verts contrastent avec le monde des convenances, si superficiel et si camouflé. De plus, la musique est jolie et renforce un peu plus (mais sans lourdeur) l'aspect dramatique. Le monde du théâtre est parfait, tellement représentatif de ce que cet art peut apporter et la cohérence avec le titre du film est très bien entretenue !
Les acteurs sont magnifiques tous autant qu'ils sont. Kate Winslet interprète splendidement le rôle de la femme forte, qui ne se laisse pas emprisonner par les convenances de son époque tandis que Johnny Depp joue merveilleusement l'homme silencieux qui se laisse emporter dans une histoire qui l'attendrit et qui se laisse verser dans le monde merveilleux de l'enfance.
Ce point-là est certainement celui qui m'a le plus marquée : cet attachement à la fraîcheur des enfants et aux espoirs inspirés par les rêves. Ce film est non seulement une ode à la vie mais également l'éloge de l'innocence et de l'amour. Les enfants qui inspirent le dramaturge sont tellement vrais, tellement affectés par les mensonges des adultes mais en même temps attachés à leur monde de jeux et de rires. Et Sylvia, cette belle femme qui ne souhaite que montrer du bonheur alors qu'elle souffre ... elle est si poignante, si touchante !
Les rapports qu'entretiennent James et Sylvia sont dépouillés de toute allusion, de tout sentiment autre que l'amour. Une amitié véritable se tisse entre eux deux mais rien n'est suggéré ou imposé. C'est certainement une des plus belles histoires du cinéma. C'est une sorte de roman pur, où l'ambiguïté n'a pas sa place. Cela se marie bien avec l'innocence infantile sur laquelle insiste le scénario.
Ce qui est très triste au début du film (même si on le sent durant 1h40, le début est plus éprouvant), c'est le fait que ce couple d'amis soit l'objet de tous les commérages et le centre de toutes les jalousies. A un moment, James sort une réplique très juste : "Il y a toujours quelqu'un pour détruire la moindre lueur de bonheur". Car, bien évidemment, le scandale est qu'un homme marié fréquente une femme veuve, nettement plus qu'il ne côtoye sa propre épouse !
Une dernière chose ... Le "Neverland" est une notion tellement bien ressentie dans le film ... Une sorte d'imaginaire qui laisse place aux rêves, à l'espoir et à l'imagination. Une notion qui permet d'affronter certaines choses de la vie. Mais malheureusement, le neverland, çà n'empêche pas d'autres choses ...
Ce film est certainement le plus pur et le plus beau que je n'ai plus vus depuis longtemps. Un plus beau, çà j'ai déjà vu. Mais un aussi innocent ... je ne me souviens pas !
Publié le 17/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Nancy Meyers
Avec Cameron Diaz, Kate Winslet, Jude Law
Film américain.
Genre : Comédie, Romance
Durée : 2h 11min.
Année de production : 2006
Iris et Amanda sont deux trentenaires déçues par l'amour. Tout les sépare sauf une chose : elles souhaitent le dépaysement le plus total. Pour cela, elles décident d'échanger leurs maisons, le temps des vacances de Noël ...
Je craignais qu'il s'agisse d'un film nunuche mais en fait c'est très rigolo et très touchant. Effectivement, c'est quand-même rempli de bons sentiments (Iris qui aide un homme âgé, un ancien célèbre acteur tandis qu'Amanda est une femme qui refoule ses sentiments, est attendrie devant un homme sensible) mais l'humour atténue ce sentimentalisme aigu.
Le jeu des deux actrices est magnifique, débordant de vitalité. Iris est interprétée par Kate Winslet qui est d'un naturel époustouflant au début du film. Ensuite, elle est habillée de façon trop sophistiquée pour sa personnalité. Ce personnage est d'un naturel naïf, généreux et sentimental tandis qu'Amanda, interprétée par Cameron Diaz (qui n'a jamais eu d'aussi beaux yeux que dans ce film mais qui est habillée selon la fidèle image de la business woman - merci Mélodie de m'avoir trouvé l'expression qui convenait à ma pensée - californienne) semble au premier abord, une femme froide qui s'oublie dans sa profession.
Ces deux personnages rejoignent donc une série de clichés. C'est d'ailleurs le cas pour les deux hommes qui entrent en scène : d'un côté, nous avons l'homme très beau (joué par Jude Law) qui est franc, qui semble avoir de nombreuses conquêtes et qui est très attentionné. De l'autre, nous avons l'homme complexé, qui ne comprend pas ce qu'on lui trouve, et qui est trop gentil.
Mais tous ces personnages (-modèles en quelque sorte) n'entachent rien car ils ont de chouettes répliques qui font bien rire, notamment celle qu'il est plus facile pour une trentenaire de se faire enlever par un terroriste que de trouver le grand amour !
Une comédie légère sans scénario particulièrement élaboré mais avec de bons acteurs et de beaux paysages de Los Angeles et d'Angleterre. J'aimais beaucoup le contraste entre Iris et Amanda qui, en plus d'être caractérisé par leurs caractères et leurs émotions, est souligné par leur mode de vie et leur lieu d'habitation ! La maison d'Iris est très coquette (en pierres, reculée et modeste) tandis que celle d'Amanda est très sophistiquée (tout comme ses habits d'ailleurs) et impersonnelle ! Mais heureusement, chacune va réaliser qu'il manque quelque chose dans sa vie ... Et chacune va se dévoiler ...
Publié le 13/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Alejandro Agresti
Avec les acteurs : Keanu Reeves, Sandra Bullock
Genre : Romance, Fantastique
Année de production : 2005
Titre français : Entre deux rives (Ce titre est encore plus significatif mais surtout il joue sur deux tableaux : le côté, maison d'un lac, et le côté des deux époques différentes ...)
Le Dr Kate Foster travaille dans un cabinet dans une petite ville d'Illinois. Elle habite une splendide maison au bord d'un lac. Cependant, pour une mutation professionnelle, elle déménage à Washington et occupe un poste important dans un grand hôpital de la ville. Elle laisse une carte de voeu au nouveau propriétaire : Alex Burnham. Celui-ci ne comprend pas : La belle maison qu'il occupe n'est plus habitée depuis quelques années, son état délabré le prouve. D'autant plus que la soi-disant ex-propriétaire évoque des traces de chiens indélébiles devant la maison et qu'il n'y a rien.
Mais quelques jours plus tard, il repeint une partie du sol et un chien égaré court sur la peinture fraîche, ce qui donne ces fameuses empreintes de pattes. Alex est étonné et entreprend une correspondance avec cette femme étrange qui a su prévoir ce qui arriverait : Il lui fait part de la situation. Kate, quant à elle, pense qu'il lui fait une plaisanterie et lui demande avec ironie en quelle année vit-il. Il répond le 14 avril 2004. Elle lui répond le 14 avril 2006.
S'ensuit une correspondance de plus en plus romantique mais de plus en plus étrange : Effectivement, ils vivent dans deux mondes parallèles avec seulement deux ans précis d'écart. L'unique lien : Une boîte aux lettres qui semblerait magique.
J'avais regardé pour la première fois ce film en novembre 2006 et j'avais décrété qu'il s'agissait du meilleur film qu'il ne m'était jamais donné de voir .. Je reviens sur cette décision. En effet, le scénario est beau et complexe mais le jeu des acteurs me déçoit un peu.
L'air désespéré et solitaire de Sandra Bullock est bien rendu et un personnage que j'apprécie beaucoup, c'est celui qui joue le frère d'Alex : il a un visage impressionnant et est très touchant par ses expressions, dans un naturel assez désarmant. En ce qui concerne Kate, c'est beaucoup trop. Et pour Alex (interprété par Keane Reeves), comme d'habitude, je trouve qu'il s'agit d'un acteur facile. Il s'habille bien, nous fait un joli sourire et de beaux yeux, et çà y est, on tombe dans le panneau. Je disais déjà à l'époque que le film ne resplendissait pas par ses protagonistes ... Je confirme cette impression.
Par contre, la façon de filmer rend des décors très beaux. Pour rendre la ville de Washington aussi agréable à regarder, il faut le faire ! La maison sur le lac n'est pas en soi la plus belle maison du monde (c'est vrai, qui a prétendu qu'elle devait l'être?) mais les images avec les couchers de soleil ou la lumière qui traverse les branches : c'est magnifique !
Les dialogues sont très beaux, le côté simple d'une relation avérée impossible qui s'engage entre deux personnes d'époques différentes me plaît. Simplicité et douceur sont de mise. Evidemment, c'est de l'inspiré Marc Lévy (comme tu disais, Mathieu) mais avec un petit quelque chose, néanmoins crucial, qui manque : les réparties. Moins de dialogues à l'eau de rose, çà n'aurait pas rendu le film moins bon.
Par contre, il y a un aspect que j'aime beaucoup dans ce film : les expressions des personnages (à part que c'est un tantinet excessif chez Sandra Bullock qui mise malheureusement trop souvent sur ses yeux sombres et sa bouche colorée) rendent certains dialogues inutiles, et certaines actions n'ont même pas besoin de justification. Ces entretiens muets soulignent aussi des côtés désespérés ... Exemple : Alex converse avec son père .. Peu de choses sont dites explicitement, et pourtant tout est passé par le biais des expressions et des gestes.
Je serais tentée de dire que, pour un scénario qui se veut complexe, on laisse quand même beaucoup la simplicité faire son travail (c'est aisé de rendre une situation incroyable lorsqu'on donne aucune clé pour chercher à la comprendre) mais je me rattrape en disant que ce naturel des choses rend le film davantage romantique et ne l'alourdit pas autant que si on avait rajouté des éléments permettant de justifier le côté fantastique. Là, çà rejoint un peu ces romans fantastiques pour "enfants" (j'en lis encore) comme ceux de Philip Pullman, de Serge Brussolo ou encore de Eoin Colfer. Même si ce film ne compte aucune fée, aucun pouvoir ou aucun personnage étrange, il nous fait rêver par ce côté surnaturel qui semble bien s'entendre avec le réel et surtout, qui semble finalement possible !
Publié le 13/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Dany Boon
Avec Dany Boon, Michèle Laroque, Daniel Prévost
Film français.
Genre : Comédie
Durée : 1h40min.
Année de production : 2005
Charles Boulin est devenu un mari radin à force de voir défiler des surendettés quotidiennement. Mais Anna, sa femme, n'en peut plus des restrictions qu'il impose à la famille et lui fait bien sentir qu'il serait temps qu'il change. Charles réfléchit et décide de lui offrir une maison de campagne. Mais, par souci d'économie, il engage des ouvriers incompétents au lieu d'un bon architecte et il se fait conseiller par un agent immobilier qui entraînera sa perte.
Sur le DVD, il est écrit qu'il s'agit d'une comédie feelgood dont on sort avec la banane. Je n'ai pas trouvé ce film forcément rigolo. J'ai même été angoissée car Charles veut simplement faire plaisir à sa femme qu'il aime énormément, et finalement il empire les choses et se retrouve dans une situation inimaginable. Il est qualifié de radin, mais en même temps, certaines circonstances font qu'il a droit de l'être.
Effectivement, il y a des passages qui font (sou)rire : au début du film, sa femme et lui se disputent ; ils allument et éteignent la lampe sans arrêt. Les gaffes des deux ouvriers sont marrantes aussi, quoiques très pitoyables !
On voit également à quel point certaines personnes sont minables, comme le collègue soit-disant ami de Charles à qui il rafle la maison de campagne lâchement au début du film. En même temps, on comprend que Charles n'a pas été présent quand il le fallait à cause de son avarice. Et c'est triste de le voir revenir chez son frère quand il a besoin d'argent et qu'il s'entend répondre : "Pourquoi je te prêterai de l'argent? Est-ce que tu nous en as donné lorsque ma femme était enceinte et qu'on cherchait un endroit où habiter?"
Il s'agit quand-même d'une comédie un peu dramatique et même un peu trop moraliste !
Et pas forcément naturelle : il y a les bons et les méchants. Anna, la femme de Charles, est toujours encline à tout pardonner, ils ne se disputent jamais vraiment. Mais cet aspect un peu simpliste donne une fraîcheur aux moments très sombres que traverse Charles, lors de la rénovation de la maison de la campagne. D'un côté, nous avons Charles et la maison, dans des couleurs ternes et de l'autre, nous avons le couple mignon de Charles et Anna, dans un splendide appartement en plein coeur de Paris avec de magnifiques images comme le coucher de soleil qui innonde la jolie verrière ornée de belles plantes. Anna (interprétée par cette femme splendide qu'est Michèle Laroque) est le soleil de Charles : elle le pousse à changer, à s'assouplir, à faire des efforts. Mais un éternel maladroit, il le sera toujours. Et par amour, il court à sa perte.
La vision du making-off est très utile à la compréhension de certains aspects du film. Il est très intéressant et fait remarquer que Danny Boon, en plus d'être un très bon comédien, est un excellent réalisateur, méticuleux en tous points. On sait donc que tout est calculé. La position de chaque objet, les jeux de lumière dans les vêtements colorés de la femme contrastés avec le costume terne d'un homme timide et gaffeur. Je n'ai pas encore tout vu du making-off mais je n'ai pas du mal à déduire certaines choses ...
Le bêtisier est également rigolo .. Il faut absolument voir le regard "séducteur" de Mouloud Mami (Zinedine Soualem) !!! Et je tiens à préciser que le personnage de Charles est quand même très touchant, sincère et surtout, quel sourire ! C'est pareil pour Anna qui a un sourire qui illumine la journée de son mari et de sa fille !
Publié le 06/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Mike Nichols
Avec Julia Roberts, Jude Law, Natalie Portman, Clive Owen
Film américain.
Genre : Drame, Romance
Durée : 1h 45min.
Année de production : 2004
Titre : Entre adultes consentants
Alice et Dan se voient pour la première fois. Alice se fait renverser par une voiture et Dan l'emmène à l'hôpital. Là, commence leur histoire d'amour. Mais des années plus tard, Dan rencontre la photographe Anna et là, les destins se croisent et ne semblent jamais vouloir se séparer ... Surtout lorsque Dan et Larry se rencontrent ...
Le début est sympathique. La rencontre est jolie, originale ... elle est tournée avec la simplicité. En réalité, TOUT le film est réalisé de façon désarmante. Après la rencontre d'Alice et Dan, je ne comprenais pas trop où l'histoire devait aboutir (n'ayant eu que quelques échos du résumé que je n'ai jamais lu attentivement). Je me disais : "Quoi, qu'est-ce qu'il se passe? Il n'y a rien dans ce film ! Quoi? Larry et Anna ne se rencontrent qu'après 1h10 (tout ce temps était déjà passé!)". Mais les 40 minutes qui suivent sont les plus éprouvantes, les plus tristes, les plus vraies ... mais surtout les plus humaines.
Rares sont les scénaristes qui peuvent se targuer de raconter des histoires d'amour et de rupture dans leur authenticité la plus absolue. Pourtant, ici, nous avons affaire à un chef-d'œuvre sur ce domaine. Les thèmes de la franchise, de l'ennui, de l'envie, du désir .. tous ces sujets sont le centre de toutes les répliques cinglantes. On parle d'un jeu dangereux de séduction dans le résumé .. Je ne réduirai pas l'histoire à une phrase pareille : il s'agit plutôt d'attirances que les personnages ne réussissent pas à contrôler .. Mais il s'agit également de lâcheté, d'incertitude quant au vrai amour.
Lorsqu'on dit entre adultes consentants .. je me pose encore la question ... Serait-ce le fait qu'en tant que adultes, ils se prétendent maîtres de leurs choix et de leurs envies? Serait-ce également le fait que s'ils sentent qu'ils tombent amoureux de quelqu'un d'autre, ils pensent qu'ils se sont peut-être trompés sur le choix de la personne de leur vie?
Souvenez-vous de vos ruptures, de vos disputes ... vous verrez à quel point certains aspects sont traduits fidèlement dans un simple film, en 40 minutes. Je ne peux même pas expliquer .. il faut le voir pour apprécier la liberté de parole, l'absence de tabous, le naturel de chaque personne. Certaines phrases sont si vraies ...
"- Je suis tombé amoureux.
- Tu n'as pas eu le choix?
- Il y a toujours un moment où on se dit : "Je cède ou je résiste" ! Je sais pas quand mais tu l'a eu ce moment."
"- Dan ... Est-ce que je pourrai te revoir? Réponds-moi !
- Si je te revois, je ne te quitterai jamais.
- Et si je trouve quelqu'un?
- Je serai jaloux.
...
- Tu veux me serrer fort? Je t'amuse, mais je t'ennuie !
" ... Je t'aime ... Pourquoi tu fais çà??? Je suis égoïste et je crois qu'elle me rendra plus heureux"
"Toutes les poupées gonflées à bloc de ce taudis, les cocaïno-midinettes, et toi avec, un nom de scène pour vous voiler la face et montrer sans honte chatte et cul à des inconnus"
J'oublie ... C'est psychologique : à vous de chercher qui a mis le bazarre parmi les quatre personnages principaux? Et en ce qui concerne l'image, c'est un des meilleurs moments du film : Larry et Alice discutent de la crédibilité de l'art ... En bref, l'art est destiné à faire plaisir à ceux qui adorent les gros mensonges !
Donc, voilà le genre, le tout interprété par un Clive Owen magnifique dans ses réparties et expressions et une Natalie Portman comme jamais encore je ne l'avais vue. Par contre, pardonnez-moi, ce film m'a énormément touchée, il est 00h43, je vais aller lire une bande-dessinée, histoire de me changer les idées !
Publié le 05/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Joel Schumacher
Avec Colin Farrell, Forest Whitaker, Katie Holmes
Film américain.
Genre : Thriller
Durée : 1h 21min.
Année de production : 2002
Stu est un attaché de presse prétentieux et arrogant qui traite ceux qui l'entourent comme des chiens et qui est incapable de s'assumer. Il ne fait que mentir, même à ceux qu'il aime. Toujours au téléphone comme 3 millions de concitoyens sur 5 districts, il sillonne les rues dans son beau costume italien. Pourtant, quotidiennement, il se rend dans l'unique cabine fermée pour téléphoner à Pam. Mais aujourd'hui, çà lui coûtera très cher et sa journée va s'avérer très angoissante ! Un sniper a décidé de faire la justice ...
Bande-annonce (français) :
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18353688&cfilm=28771.html
Tout d'abord, je tiens à préciser qu'il faut regarder ce film en VO car la voix du sniper est bien mieux que celle en français. Mais attention, le début est difficile à suivre : Stu parle très vite au téléphone et nous n'entendons pas ses interlocuteurs ... tout comme si nous étions à côté de lui !
C'est un film court mais palpitant. L'introduction est bien présentée, avec une chouette voix et de belles perspectives. On voit des jeunes de banlieue danser du hip-hop tout en voyant des personnes accrochées à leur portable. Donc ... début assez relax, sympa. Stu entre en scène avec classe, le stéréotype de l'homme qui se croit très important, qui manipule les gens et les traite comme de .. des chiens !
Mais à partir du moment où il entre dans cette fameuse cabine, toute l'ambiance change. Les cadrages se font plus rapides et dans tous les sens. La musique est bien ryhtmée, elle accentue vraiment la tension qui commence à s'installer. Celui qui menace Stu a une voix très belle, posée et cynique. Il sait tout manipuler et nous le voyons jamais. L'homme classe qu'est censé incarner Stu se défait peu à peu. Ses cheveux tombent, ses yeux s'affolent et son corps s'affaisse. Stu, cet homme arrogant, perd toute sa dignité à cause d'un homme qui le tien en joue avec un petit rouge se baladant à des endroits peu propices.
Ce film rend légèrement claustrophobe car tout ce passe dans une stupide cabine téléphonique et le paysage est très sombre (bâtiments froids et ciel sombre, gens menaçants et cabine détruite peu à peu, publicités étranges étalées un peu partout). Jusqu'au moment où les policiers arrivent, les seules personnes que nous voyons sont les passants dans les rues, Pam et Kelly (l'amante et la femme de Stu) dans de petit carré dans le coin supérieur droit de l'écran) et surtout, les prostituées vulgaires qui tapent sur la cabine, objet de leur business ... ces créatures vont bouleverser le destin de Stu et l'entraîner dans un cirque infernal.
Le sniper le tient par le combiné, il a tout prévu, il improvise parfaitement et souhaite que sa victime expie ses péchés en public ... Les policiers arrivent, la presse est alertée, tout le monde s'affole et Stu perd son image d'homme intact que rien n'affecte. Et en sourdine, le rire cynique du tireur d'élite annonce que tout ce passe selon ses plans et qu'il y prend beaucoup de plaisir !
Colin Farrel est un acteur sublime dont les expressions sont très importantes! Il fait tout le film, accompagné de la voix du téléphone menaçant et de la superbe musique !
Forest Whitaker, le policier est un personnage important qui brise le film. C'est le seul acteur de peau noire du film, et comme par hasard, il est tout bon tout gentil. Les bons sentiments ... Celui qui réussit à maîtriser toutes les forces policières ... Celui qui comprend la victime parce que lui-même a eu des problèmes ... Trop de stéréotypes, ce qui est dommage. Heureusement, chaque fois, le sniper relance l'ambiance macabre en demandant à Stu de poser des questions crues et à avouer des vérités publiquement ...
Malheureusement, quant à la réalisation, il n'y a pas grand chose à dire. C'est un bon thriller sans effet spéciaux, avec juste des filtres qui rendent les couleurs plus angoissantes, les bruitages qui mettent la pression (les petits robots d'un vendeur, les prostituées qui hurlent tout le temps, le bruit du fusil du sniper lorsqu'il l'arme, les sirènes des policiers et les voix dans les parlophones ...). Cette idée de mettre des petites images dans une grande afin de voir ce qu'il se passe un peu partout simultanément, est très intéressante !
Le dénouement du film est assez étrange : à la fois, il est touchant (car le véritable Stu se montre enfin) et trop gentil ...
Publié le 05/01/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Atom Egoyan
Avec Kevin Bacon, Colin Firth, Alison Lohman
Film américain.
Genre : Thriller, Drame
Durée : 1h 47min.
Année de production : 2004
Titre traduit : La vérité nue (métaphorique et très signifatique comme traduction !)
Nous sommes en 1959, époque de l'apogée de Lanny Morris et Vince Collins, deux comiques qui font hurler leur public et qui tiennent un record absolu : rester sur scène 39h d'affilée lors d'un téléthon pour les enfant malades de la polio. (Pour davantage d'infos sur cette maladie - en soi assez effarante - allez donc sur ce site même si çà n'a pas trop d'impact sur le film :http://www.belgium.be/eportal/application?languageParameter=fr&pageid=contentPage&docId=3189)
Mais cette même soirée, entre les deux plus grandes célébrités des Etats-Unis, quelque chose s'est brisé suite à la découverte du cadavre d'une femme de ménage dans leur suite : ils se séparent après avoir été blanchis mystérieusement. 15 ans plus tard, Karen O'Connor, une jeune journaliste, décide de découvrir les causes de cette mort on ne peut plus camouflée par les médias ! Elle rencontre Vince Collins ...
En ce qui concerne la réalisation technique, le film débute par une musique frissonante qui laisse présager une histoire peu amusante. C'est une jolie musique, qui revient régulièrement ... Elle est accompagnée de beaux jeux de couleurs (elles deviennent très pâles et occasionnellement floues lors des flash-backs très fréquents) et de décors naturels. A un moment du film, il y a des coups de tonnerre qui rendent l'atmosphère encore plus angoissante.
Situation : Il y a deux narrateurs ... La première est la journaliste, dans le présent des années 70. Une voix sensuelle, accrocheuse et raffinée. Le second est Lanny Maurice, par rapport à sa biographie, qui raconte son époque de gloire. La mort de Maureen, la femme de chambre, est présentée dès le départ. Mais, comme Karen, nous ne comprenons pas ce qui a bien pu se passer. Par contre, Lanny Maurice et Vince Collins semblent savoir énormément plus que ce qu'ils acceptent de donner comme éléments.
Ces trois personnages principaux sont interprétés par des acteurs de grande qualité.
- Lanny Maurice est joué par Kevin Bacon qui a un visage très caractéristique, pas souvent très avenant. Une sensualité puissante émane de son personnage mais il sent également la déchéance et il est sale à l'intérieur de lui.
- Vince Collins sous l'apparence de Colin Firth, est un homme d'apparence classe mais d'où transpire une certaine perversité et un grand malaise. On sent que c'est lui la clé de l'affaire, car il cache nettement plus que son compagnon, plus spontané, moins froid ! Il joue un rôle assez important lorsqu'il parle avec la journaliste, car au début, les conversations sont assez sobres mais la sensation de malaise s'installe et persiste ...
- Karen O'Connor est interprétée par Alison Lohman, une magnifique jeune femme. Elle semble entourée d'une pureté chaste, ce qui l'oppose à toutes les femmes qui s'allongent facilement sur la couche des deux célébrités les plus en vogue. Le problème est qu'il est aisé de comprendre qu'elle a le rôle principal du film. Nombreux sont les cadrages qui focalisent l'attention sur elle, et nombreuses sont les tenues vestimentaires différentes qu'elle adopte sur chaque nouvelle image. Souvent en décolleté, sans soutien-gorge, cadrages fréquents sur son corps ... On sent venir les scènes d'après. A part cet aspect un peu trop visible, c'est une très bonne actrice, à la voix douce (ce qui rajoute un certain attrait à la narration) et au sourire candide.
Mais rien n'est laissé au hasard où la mièvrerie !
Le film n'est pas facile à suivre, il faut focaliser son attention dessus et ne pas décrocher ! Les croisés entre deux époques sont très intéressants. L'évolution des mentalités est bien soulignée ! L'évolution médiatique l'est également. La façon de tourner le film est très étrange : les scènes sont très crues, les propos sont durs et pour l'époque, c'est osé. On sent donc l'influence d'une vision contemporaine, d'une vision d'un second millénaire.
La narration est littéraire : métaphores ainsi que vocabulaire riche et recherché. Cela se fait très rare ! Et la pureté de cette narration contraste avec les perversions mises en avant dans le film. Tous les thèmes sont abordés, pas de tabous : violence, argent, sexe (bisexualité et homosexualité), drogue ... Dans l'histoire, un noeud de manipulations et de cruauté se forme. Les rares scènes tendres et sensuelles (dépourvues de toute mièvrerie) sont contrecarrées par des scènes de sexe sans limite. Les mots et les jambes se croisent, les langues se parlent et se promènent, la sensualité et la débauche se battent ... La cruauté des manipulations sexuelles et morales est soulignée par la présence de dialogues très crus qui contrastent avec la pureté de la narration. Cette liberté de parole me fait largement penser aux propos d'Edward Norton et de Brad Pitt dans Fight Club.
Enfin ... il s'agit d'une histoire très tordue dans tous les sens du terme. L'amour et la perversion se chevauchent perpétuellement, les scènes sensuelles sont mêlées à l'horreur et le film se termine ainsi, perverti jusqu'à la moëlle mais triste à en mourir !