Where the truth lies
Posté le 05.01.2008 par beletteverte
Réalisé par Atom Egoyan
Avec Kevin Bacon, Colin Firth, Alison Lohman
Film américain.
Genre : Thriller, Drame
Durée : 1h 47min.
Année de production : 2004
Titre traduit : La vérité nue (métaphorique et très signifatique comme traduction !)
Nous sommes en 1959, époque de l'apogée de Lanny Morris et Vince Collins, deux comiques qui font hurler leur public et qui tiennent un record absolu : rester sur scène 39h d'affilée lors d'un téléthon pour les enfant malades de la polio. (Pour davantage d'infos sur cette maladie - en soi assez effarante - allez donc sur ce site même si çà n'a pas trop d'impact sur le film :http://www.belgium.be/eportal/application?languageParameter=fr&pageid=contentPage&docId=3189)
Mais cette même soirée, entre les deux plus grandes célébrités des Etats-Unis, quelque chose s'est brisé suite à la découverte du cadavre d'une femme de ménage dans leur suite : ils se séparent après avoir été blanchis mystérieusement. 15 ans plus tard, Karen O'Connor, une jeune journaliste, décide de découvrir les causes de cette mort on ne peut plus camouflée par les médias ! Elle rencontre Vince Collins ...
En ce qui concerne la réalisation technique, le film débute par une musique frissonante qui laisse présager une histoire peu amusante. C'est une jolie musique, qui revient régulièrement ... Elle est accompagnée de beaux jeux de couleurs (elles deviennent très pâles et occasionnellement floues lors des flash-backs très fréquents) et de décors naturels. A un moment du film, il y a des coups de tonnerre qui rendent l'atmosphère encore plus angoissante.
Situation : Il y a deux narrateurs ... La première est la journaliste, dans le présent des années 70. Une voix sensuelle, accrocheuse et raffinée. Le second est Lanny Maurice, par rapport à sa biographie, qui raconte son époque de gloire. La mort de Maureen, la femme de chambre, est présentée dès le départ. Mais, comme Karen, nous ne comprenons pas ce qui a bien pu se passer. Par contre, Lanny Maurice et Vince Collins semblent savoir énormément plus que ce qu'ils acceptent de donner comme éléments.
Ces trois personnages principaux sont interprétés par des acteurs de grande qualité.
- Lanny Maurice est joué par Kevin Bacon qui a un visage très caractéristique, pas souvent très avenant. Une sensualité puissante émane de son personnage mais il sent également la déchéance et il est sale à l'intérieur de lui.
- Vince Collins sous l'apparence de Colin Firth, est un homme d'apparence classe mais d'où transpire une certaine perversité et un grand malaise. On sent que c'est lui la clé de l'affaire, car il cache nettement plus que son compagnon, plus spontané, moins froid ! Il joue un rôle assez important lorsqu'il parle avec la journaliste, car au début, les conversations sont assez sobres mais la sensation de malaise s'installe et persiste ...
- Karen O'Connor est interprétée par Alison Lohman, une magnifique jeune femme. Elle semble entourée d'une pureté chaste, ce qui l'oppose à toutes les femmes qui s'allongent facilement sur la couche des deux célébrités les plus en vogue. Le problème est qu'il est aisé de comprendre qu'elle a le rôle principal du film. Nombreux sont les cadrages qui focalisent l'attention sur elle, et nombreuses sont les tenues vestimentaires différentes qu'elle adopte sur chaque nouvelle image. Souvent en décolleté, sans soutien-gorge, cadrages fréquents sur son corps ... On sent venir les scènes d'après. A part cet aspect un peu trop visible, c'est une très bonne actrice, à la voix douce (ce qui rajoute un certain attrait à la narration) et au sourire candide.
Mais rien n'est laissé au hasard où la mièvrerie !
Le film n'est pas facile à suivre, il faut focaliser son attention dessus et ne pas décrocher ! Les croisés entre deux époques sont très intéressants. L'évolution des mentalités est bien soulignée ! L'évolution médiatique l'est également. La façon de tourner le film est très étrange : les scènes sont très crues, les propos sont durs et pour l'époque, c'est osé. On sent donc l'influence d'une vision contemporaine, d'une vision d'un second millénaire.
La narration est littéraire : métaphores ainsi que vocabulaire riche et recherché. Cela se fait très rare ! Et la pureté de cette narration contraste avec les perversions mises en avant dans le film. Tous les thèmes sont abordés, pas de tabous : violence, argent, sexe (bisexualité et homosexualité), drogue ... Dans l'histoire, un noeud de manipulations et de cruauté se forme. Les rares scènes tendres et sensuelles (dépourvues de toute mièvrerie) sont contrecarrées par des scènes de sexe sans limite. Les mots et les jambes se croisent, les langues se parlent et se promènent, la sensualité et la débauche se battent ... La cruauté des manipulations sexuelles et morales est soulignée par la présence de dialogues très crus qui contrastent avec la pureté de la narration. Cette liberté de parole me fait largement penser aux propos d'Edward Norton et de Brad Pitt dans Fight Club.
Enfin ... il s'agit d'une histoire très tordue dans tous les sens du terme. L'amour et la perversion se chevauchent perpétuellement, les scènes sensuelles sont mêlées à l'horreur et le film se termine ainsi, perverti jusqu'à la moëlle mais triste à en mourir !
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