Réalisé par Alejandro Agresti
Avec les acteurs : Keanu Reeves, Sandra Bullock
Genre : Romance, Fantastique
Année de production : 2005
Titre français : Entre deux rives (Ce titre est encore plus significatif je trouve ...)
Le Dr Kate Foster travaille dans un cabinet dans une petite ville d'Illinois. Elle habite une splendide maison au bord d'un lac. Cependant, pour une mutation professionnelle, elle déménage à Washington et occupe un poste important dans un grand hôpital de la ville. Elle laisse une carte de voeu au nouveau propriétaire : Alex Burnham. Celui-ci ne comprend pas : La belle maison qu'il occupe n'est plus habitée depuis quelques années, son état délabré le prouve. D'autant plus que la soi-disant ex-propriétaire évoque des traces de chiens indélébiles devant la maison et qu'il n'y a rien.
Mais quelques jours plus tard, il repeint une partie du sol et un chien égaré court sur la peinture fraîche, ce qui donne ces fameuses empreintes de pattes. Alex est étonné et entreprend une correspondance avec cette femme étrange qui a su prévoir ce qui arriverait : Il lui fait part de la situation. Kate, quant à elle, pense qu'il lui fait une plaisanterie et lui demande avec ironie en quelle année vit-il. Il répond le 14 avril 2004. Elle lui répond le 14 avril 2006.
S'ensuit une correspondance de plus en plus romantique mais de plus en plus étrange : Effectivement, ils vivent dans deux mondes parallèles avec seulement deux ans précis d'écart. L'unique lien : Une boîte aux lettres qui semblerait magique.
J'avais regardé pour la première fois ce film il y a quelques mois et j'avais décrété qu'il s'agissait du meilleur film qu'il ne m'était jamais donné de voir .. Je reviens sur cette décision. En effet, le scénario est beau et complexe mais le jeu des acteurs me cale un petit peu.
L'air désespéré et solitaire de Sandra Bullock est bien rendu et un personnage que j'apprécie beaucoup, c'est celui qui joue le frère d'Alex : il a un visage impressionnant et est très touchant par ses expressions, dans un naturel assez désarmant. En ce qui concerne Kate, c'est beaucoup trop. Et pour Alex (interprété par Keane Reeves), comme d'habitude, je trouve qu'il s'agit d'un acteur facile. Il s'habille bien, nous fait un joli sourire et de beaux yeux, et çà y est, on tombe dans le panneau. Je disais déjà à l'époque que le film ne resplendissait pas par ses protagonistes ... Je confirme cette impression.
Par contre, la façon de filmer rend des décors très beaux. Pour rendre la ville de Washington aussi agréable à regarder, il faut le faire ! La maison sur le lac n'est pas en soi la plus belle maison du monde (c'est vrai, qui a prétendu qu'elle devait l'être?) mais les images avec les couchers de soleil ou la lumière qui traverse les branches : c'est magnifique !
Les dialogues sont très beaux, le côté simple d'une relation avérée impossible qui s'engage entre deux personnes d'époques différentes me plaît. Simplicité et douceur sont de mise. Evidemment, c'est de l'inspiré Marc Lévy mais avec un petit quelque chose, néanmoins crucial, qui manque : les réparties. Moins de dialogues à l'eau de rose, çà n'aurait pas rendu le film moins bon.
Par contre, il y a un aspect que j'aime beaucoup dans ce film : les expressions des personnages (à part que c'est un tantinet excessif chez Sandra Bullock qui mise malheureusement trop souvent sur ses yeux sombres et sa bouche colorée) rendent certains dialogues inutiles, et certaines actions n'ont même pas besoin de justification. Ces entretiens muets soulignent aussi des côtés désespérés ... Exemple : Alex converse avec son père .. Peu de choses sont dites explicitement, et pourtant tout est passé par le biais des expressions et des gestes.
Je serais tentée de dire que, pour un scénario qui se veut complexe, on laisse quand même beaucoup la simplicité faire son travail (c'est aisé de rendre une situation incroyable lorsqu'on donne aucune clé pour chercher à la comprendre) mais je me rattrape en disant que ce naturel des choses rend le film davantage romantique et ne l'alourdit pas autant que si on avait rajouté des éléments permettant de justifier le côté fantastique. Là, çà rejoint un peu ces romans fantastiques pour "enfants" (j'en lis encore) comme ceux de Philip Pullman, de Serge Brussolo ou encore de Eoin Colfer. Même si ce film ne compte aucune fée, aucun pouvoir ou aucun personnage étrange, il nous fait rêver par ce côté surnaturel qui semble bien s'entendre avec le réel et surtout, qui semble finalement possible !
Il faut surtout le conseiller à tous ceux (et celles) qui ont aimé les romans de Marc Levy et qui ont été décus par la minable (je me retiens de dire carrément merdique) adaptation cinéma qui a déjà été faite.