Enfin, je la fais la critique de cette Trilogie cinématographique (car le livre n'est en réalité qu'un seul livre) !
Alors, déjà, lorsque j'ai regardé le 1er, je devais avoir quatorze ans.
Les méchants Cavaliers Noirs, avec les bruits de sabots en surround, ils me faisaient trembler, glagla ! Maintenant, j'ai revu les trois films en une grosse semaine : les Cavaliers Noirs, je les trouve classes. Quelle prestance. La bonne idée ! Le surround était toujours là, alors çà donnait une excellente ambiance ! D'ailleurs, les appeler les Nazgûls serait quand même plus approprié. Par contre, je ne me rappelle pas comment se nomment leurs montures affreuses du Troisième Âge mais l'idée que le bruit qu'elles émettent t'empêche d'être lucide est affreuse !
En tout cas, pour revenir à une critique constructive, le premier Seigneur des Anneaux met évidemment tout en place : les personnages, le mythe, l'univers, la peur. Au début, il y a un concentré écoeurant d'amour et de fraternité entre Gandalf, Frodon, Bilbon, Sam, Pippin et Merry. Les joyeux rires, les yeux qui brillent, les ralentis, le soleil dans l'herbe, la main dans la main ... C'est trop ! Mais dans le livre, le premier, ces démonstrations affectives sont nettement plus marquées dans les paroles et aussi en chansons, et tout çà vernis d'un vocabulaire raffiné ! Je n'en pouvais plus de lire çà ! Et lorsque le passage concernant les terres elfiques s'est alourdi, j'ai abandonné la lecture ! J'avais envie de leur tirer les oreilles à ces fameux Elfes, si magnifiques, si parfaits, si gambadants, si légers ... Heureusement, cette ambiance trop parfaite est ternie par Bilbon et Gandalf tourmentés par l'anneau. Et lorsque Frodon doit rejoindre Fondcombe, enfin, çà devient vraiment palpitant.
Dans les films, nous évitons les lourdes descriptions balzaciennes des paysages. Nous les voyons directement, magnifiques, avec ce fameux contraste entre les belles couleurs qui respirent la vraie vie, l'amour et la joie et les paysages sombres, édentés, brumeux, qui illustrent la déchéance, l'esprit perverti, la mort. Les décors sont extrêmement bien construits et du coup, çà plonge le spectateur dans l'histoire. C'est très représentatif du merveilleux. Le beau féerique qui devient le glauque diabolique, à l'échelle du cauchemard typique duquel on aimerait sortir. Dans le livre, la description de la Moria était très intéressante, avec son côté oriental, mais dans le film, j'ai trouvé le décor très rigide, ce qui m'a un peu déçue. Cependant, le reste était à la hauteur, avec les pics très raides du Mordor, la Minas Tirith toute blanche, belle, un peu déphasée, la Fondcombe chaleureuse, le Poney Fringant angoissant ... Vraiment de belles images qui font plaisir à l'imagination et au besoin d'immersion !
C'est aussi les deux dimensions de notre réalité : la paix avec les personnes qui s'aiment (ce côté idyllique auquel beaucoup d'entre nous aspirent) et la guerre avec ses controverses, ses manipulations, cette avidité de pouvoir. D'ailleurs, ce shéma manichéen est drôlement (façon de parler) reproduit, puisque les êtres diaboliques et pervertis sont des orques monstrueux, des personnes de couleurs à turban autour de la tête, des dirigeants à noms arabes ... Les images sont quand même discriminatoires, mais en même temps, selon l'esprit de l'époque (après-guerre). Heureusement, l'esprit fictif l'emporte. Dans le livre, la présentation de la Terre du Milieu et de tous les conflits entre Elfes, Nains, Petites gens et Hobbits sont vraiment décrits comme étant des faits historiques et nombreux sont les points communs avec notre réalité, cette façon de se battre pour des territoires, les migrations, les zones géographiques influant sur les habitants ... Cette mise en parallèle rend ce passage bien plus captivant.
Les acteurs ne me plaisent pas vraiment ... sauf Smeagol alias Gollum, qui a une dégaine impressionnante. Cet être répugnant et bestial est le meilleur personnage de la trilogie : c'est celui qui a le plus de caractère, celui sur qui l'attention se focalise le plus. Un personnage schizophrène, fourbe, mauvais, cupide, condamné à ne jamais expier son péché envers son frère. L'anneau ne fait finalement que révéler le fond réel de ceux qui sont ses adeptes. Si cet instrument de malheur existait réellement, nous verserions dans un tel chaos ! Nous n'y ristérions certainement pas. Dans l'histoire, c'est quand même ce qui est démontré : ce qui est dommage, c'est qu'il semblerait que l'anneau n'ait aucun pouvoir sur les personnes un peu simplettes. Donc, Sam Gamegie est un concentré de stupidité et de loyauté envers Frodon. En tout cas, dans les première et deuxième parties.
Dans Le Retour du Roi, son rôle prend plus de poids, il gagne en maturité par son désir de rester sur le droit chemin : Il gagne en force et même en caractère lors qu'il pressent que Gollum ne mérite aucune confiance ! Par contre, j'ignore ce qui est voulu ou si le jeu des acteurs est ambigu, mais l'approche entre Sam et Frodon semble tellement amoureuse que j'ai toujours eu envie de dire "dommage qu'ils ne sortent pas ensemble", car après tout, ils se dévorent des yeux trois films durant. C'est mon point de vue !
Le côté merveilleux se ressent très fort dans le côté intouchable de certains personnages :
- Gandalf est voué à mourir dans le premier mais par la suite, il renaît de ses propres cendres, car après avoir combattu l'énorme monstre de feu, il a réussi à se rattraper sur un petit rocher. Alors qu'il était grisonnant, mal en point, vieilli, usé, il revient en pleine forme, blanc, avec une aura d'énergie inépuisable. Il rayonne sur son beau cheval blanc et ne se salit jamais, même en étant dans la boue.
- Les femmes Elfes sont toujours des personnages qui subjugent ceux qui sont amenés à les rencontrer. Elles sont enveloppées d'un halo qui confère leur statut d'immortelle et de belle dame diaphane.
- Les cheveux de Legolas ne s'emêlent jamais malgré leur longueur.
- Sauron est un oeil gigantesque qui voit tout et tout le monde mais pas ceux qui rentrent dans le Mordor. Il est cultussime à voir qui porte l'anneau unique mais pourtant il ne voit pas que Frodon, Sam et Golumm arpentent ses terres.
- Saroumane et Gandalf se battent sans se toucher, grâce à leurs bâtons aux suprêmes pouvoirs.
- Les Gros Nazgûls sont que des maigres esprits enveloppés de capes noirs, mais ils ne valent pas un kopec sans leur monture. Alors, ils étaient sur de fiers chevaux noirs et sentaient la mort, et puis ce sont devenus de vrais rapaces sur des créatures sorties tout droit des enfers, engloutissant plein de gens du Gondor, car apparemment, ce sont ceux-là qu'elles préfèrent. Mais ce sont de gros chats qui les saisissent avec leurs crocs et puis qui les envoient valdinguer sur les remparts de la belle cité Minas Tirith.
- Les morts sont des méchants qui deviennent gentils car ils veulent être libérés. Alors qu'ils sont diaphanes, translucides, vaporeux, leurs armes sont bel et bien meutrières
- ... et j'en passe. J'aime beaucoup cet aspect qui a un côté similaire aux manges de superhéros. Car après tout, çà fait rêver, çà fait du bien.
J'ai été sidérée par la similarité entre le Seigneur des Anneaux et les Harry Potter :
- Dumbledore = Gandalf (nobles, posés, professeurs ... par contre le schéma de l'homme qui vieillit est inversé ... Dans Harry Potter, la suite est plus logique)
- Ron = Sam (roux et ahuris)
- Frodon = Harry (le même côté halluciné, et c'est toujours les autres qui font à sa place)
- Voldemort, qui crée des horcruxes et qui ne supporte pas les Sans de Bourbe, qui finalement sont des bâtards selon lui = le méchant Sauron qui a divisé son âme dans neuf anneaux et qui a une armée exotique ayant la soif de sang.
- Poudlard = La Comté (un paradis amusant dans lequel le mal finit tout de même par rentrer)
- La quête de l'immortalité et la mort qui envahit les coeurs et le monde
- Aragog = Arachne (mais bon sang, elle est bien plus horrible l'araignée dans le Seigneur des Anneaux, avec son nid collant, gluant et son entrée protégée par une toile qui enroule les humains délicieux à dévorer encore vivants)
- La magie (ben oui, quand même !!!)
Voilà, j'en finis ici, peut-être que j'aurai encore quelque chose à rajouter plus tard, mais en attendant, je tiens à vous satisfaire :)
Publié le 16/09/2009 à 13:32 par beletteverte
* Titre : Le Hérisson
* Réalisation : Mona Achache
* Producteur : Anne-Dominique Toussaint
* Scénario : Mona Achache, Muriel Barbery, d'après son roman L'Élégance du hérisson
* Séquences animées : Cécile Rousset
* Musique originale : Gabriel Yared
* Tournage : 2008
* Dates de sortie :
o 3 juillet 2009 en France
o 5 août 2009 en Belgique
* Pays : France
* Josiane Balasko : Madame Michel, la concierge
* Garance Le Guillermic Paloma Josse, la petite fille
* Togo Igawa : Monsieur Ozu, le nouveau propriétaire
* Anne Brochet : Solange Josse, la mère de Paloma
* Wladimir Yordanoff : Paul Josse, le père de Paloma
* Gisèle Casadesus : Madame De Broglie, la personne âgée du 3ème étage
* Jean-Luc Porraz : Jean-Pierre, le joueur d'échec solitaire
Paloma Josse a onze ans et elle refuse d'être un poisson dans un bocal. Les adultes la dépriment. Elle passe une partie de son temps libre à filmer les personnes qui l'entourent, c'est-à-dire ses parents, ses voisins ... et la concierge, Madame Michel ... et son chat. Madame Michel est une concierge à la façade stéréotypée des personnes qui occupent son poste : revêche, renfermée, et dont les deux seules occupations sont d'espionner les voisins et de regarder la télévision ! Mais, qu'en est-il réellement?
J'avais lu le livre L'élégance du Hérisson avant de savoir qu'une adaptation cinématographique allait en ressortir. En allant à Paris, quelle ne fut pas ma surprise en voyant le titre Le Hérisson s'étaler sur le cinéma Pathé de la Place Clichy ! J'ai attendu avec impatience la sortie belge du film !
Le roman est un concentré de réflexions philosophiques, humanistes et défaitistes. La petite fille, Paloma, est une gamine très intelligente et surtout mature. Elle pose un regard critique sur tout ce qui l'entoure, elle se refuse obstinément à grandir du fait qu'elle considère qu'un adulte est comme un poisson enfermé dans un bocal : il est emprisonné par sa propre vie. Dans le livre, elle explique son quotidien et ceux de ses parents, elle émet des critiques, elle essaye de comprendre comment on devient comme çà. Que vaut sa vie si c'est pour devenir ainsi ? Mais l'arrivée d'un Monsieur Ozu, un Japonais raffiné et intelligent, un monsieur qui semble passer au-dessus du mutisme adulte et qui a des discussions plus intéressantes, cette arrivée imprévue va la perturber.
Mais elle ne va pas perturber qu'elle. La concierge du même immeuble, une femme extrêmement cultivée qui cultive justement sa façade revêche afin d'être tranquille, va voir également sa vie chambouler. Monsieur Ozu n'est pas dupe, il la perce sous son vrai jour. Ensemble, lui, Paloma et Mme Michel vont apprendre à se découvrir soi-même et à découvrir l'autre. Le livre décrit tout çà par des phrases métaphysiques, analytiques, métaphoriques et poétiques.
D'emblée, cela semble très difficile de retranscrire çà dans un film ! Mais la réalisatrice a eu la bonne idée. La caméra sur épaule, un procédé qui crée une relation intimiste avec le spectateur. Toute l'histoire s'en retrouve toute retournée. La quasi fin est au début, et le film prend évidemment moins son temps que le roman qui décrit tout petit à petit. Dans le livre, on connaît les personnages d'emblée. Les récits de Paloma et Mme Michel s'entre-mêlent et donc, les dés sont lancés. Dans l'adaptation cinématographique, le profil de Mme Michel est plus difficile à cerner. Qui est cette femme bougonne avec son gros chat sur les genoux? Josiane Balasko incarne à merveille mais en même temps, c'est facile pour elle qui a toujours eu ce genre de rôle. C'est un personnage râleur au physique peu avenant et souvent, elle joue des rôles qui font qu'elle n'est pas supportable. C'est là son intérêt !
Les questions existentielles de la petite fille sont toujours présentes grâce au fait qu'elle chuchote derrière la caméra. Le côté des prises de vue altérées par une caméra instable rajoute un côté très réaliste. On plonge dans le quotidien de Paloma, le quotidien d'une famille timorée. On observe avec elle son papa faible et emprisonné dans son costard, sa sœur portée sur son apparence et susceptible, sa maman maniaco-dépressive qui nettoie sa plante comme l'a fait si bien Léon. Par ailleurs le côté désabusé d'une enfant qui voit un monde qui lui déplaît a des aspects semblables à Mathilda qui observe dépitée son père, sa belle-mère et sa sœur, à ceci près que Paloma est attachée à sa famille et qu'elle aimerait qu'ils aillent mieux, car après tout, chacun a ses douleurs et chacun les exprime à sa façon, bonne ou pas.
Le film a réussi a alléger certaines scènes. Le poisson dans son bocal, dans le livre, c'est une expression complètement métaphorique. Dans le film, le poisson est vraiment présent, dans ce petit bocal classique des bandes-dessinées. Toujours en nous faisant part de ses réflexions existentielles, Paloma le filme et lui fait subir deux-trois traitements qui font quand même bien rire. La réalisatrice a compris qu'il fallait alléger l'histoire car le roman est très pesant, tellement vrai que çà fait quand même un petit peu mal au fin fond de soi.
Lorsque j'avais vu la concierge, au début du film, je me suis dit qu'elle était mal représentée, qu'en plus, on ne savait rien sur ses réflexions personnelles, qu'on mettait juste les apparences en avant. Je trouvais çà vraiment peu respectueux du personnage. Mais justement, au fur et à mesure, on apprend à la connaître grâce à Paloma et sa petite caméra. Son premier vrai sourire, la gêne lorsque des regards se posent sur ses livres, le côté endimanché qui ressort d'un manque de confiance en elle ... Tout çà peut signifier davantage que des mots.
Mon gros reproche est que l'adaptation cinématographique n'a pas tenu compte de l'arrivée de la poésie japonaise grâce à Monsieur Ozu, le nouveau voisin qui chamboule la vie de nos principales protagonistes. Toutes les références aux magnolias, le côté fleuri de leurs relations, la finesse du monsieur, tout cela est suggéré mais cependant trop peu exploité, et c'est dommage car beaucoup de beauté s'est perdue au change ! Heureusement, l'espoir qui réside dans cette histoire et la sensibilité des personnages et celle qui se crée entre eux, tout çà, c'est resté. Ce qui était une déception face au réel devient vers la fin un hymne à la vie : vivons pour ceux qu'on aime !
En tout cas, la réalisatrice a fait preuve d'une adaptation originale et personnelle, ce qui rend le film très agréable à regarder ! Dommage qu'il ne soit quasiment pas resté à l'affiche !
Publié le 19/06/2009 à 14:40 par beletteverte
Plusieurs conseils :
- Le dernier Terminator est une bête au niveau des effets spéciaux, quelque chose d'impressionnant dans les ambiances et des vaisseaux qui n'ont pas à rougir après les Star Wars et autres merveilles du genre. Cependant, le casting est dérisoire, mal choisi. Dommage mais heureusement, le film ne s'en retrouve pas gâché. Par contre, c'est assez déprimant au niveau "Est-ce que l'humain va s'en sortir?". Et il y a un clin d'œil pour notre Schwarzy !
- Je me suis rendue à la seconde avant-première de Panique au Village. Le concept est original et c'est sympa ... au début. Ensuite, c'est long, lourd et finalement quand même assez ennuyeux ! Mais, des réalisateurs belges, on ne peut pas les fustiger. Ils ont au moins eu le mérite d'essayer autre chose.
- J'ai été marquée par Requiem for a dream, le film le plus déprimant de par son réalisme et son rendu claustrophobique ! Alors, le passage avec le frigo qui semble vivant, çà marque l'esprit à jamais ! J'aime énormément le concept, le réalisme, l'intensité des jeux, l'atmosphère, et l'image de la pochette DVD est bien symbolique !
Bonne journée à toutes et à tous,
Et bonne lecture !
Publié le 15/04/2008 à 12:00 par beletteverte
Pays : France (2005)
Durée : 1h30
Réalisé par : Pierre Paul Renders
Avec : Thierry Lhermitte, Chantal Lauby, Gilbert Melki
Genre : Comédie
Jalil est monsieur tout le monde mais surtout, il est le plus grand intérêt pour un institut de sondage, vu qu'il est LE consommateur par excellence. Deux grands calculateurs vont tout centrer sur Jalil : l'espionner et surtout, faire entrer dans sa vie une femme jolie qui le rendra amoureux ... et qui est payée pour tester ses goûts au quotidien, sans que le monsieur ne se doute de rien.
J'avais opté pour ce film du fait qu'il y a deux très bons acteurs : Thierry Lhermitte et Chantal Lauby. Par conséquent, je m'attendais un à film comique comprenant le traditionnel jeu de dupes (cf. Le dîner de cons, L'invité ...). Mais ici, mes attentes ont été comblées et surpassées : la manipulation prédomine et le phénomène infernal de la publicité est très bien mis en avant. C'est une comédie effarante qui donne envie de détruire tout l'appartement, afin de vérifier que des caméras n'y soient pas dissimulées. C'est atroce de ce dire : "çà existe vraiment !" On remarque jusqu'à quel point les maîtres de la publicités sont capables d'aller : ils n'ont aucune limite lorsqu'il s'agit d'établir le profil-type du consommateur moyen afin de faire rentrer de l'argent. Et même le président de la République, dans ce film, joue sur ce profil dans la création de sa campagne électorale.
Par contre, derrière tout cette ingéniosité qui accorde la primeur au lien entre l'analyse du Mr ou Mme Tout le Monde et la façon de manipuler des sondeurs d'opinions, il y a le scénario trop prévisible de l'histoire d'amour entre la belle jeune femme rongée par la culpabilité et le mignon jeune homme immigré trop gentil et prêt à lui pardonner. Cependant, certaines scènes sont touchantes, notamment celles avec la famille de Jalil : des marocains très proches, respectueux et chaleureux qui se donnent de l'amour sans compter !
Publié le 07/04/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Milos Forman
Avec Natalie Portman, Javier Bardem, Stellan Skarsgard
Film espagnol, américain.
Genre : Drame, Historique
Durée : 1h 54min.
Année de production : 2005
Titre original : Goya's Ghosts
Distribué par Studio Canal
Nous sommes à la fin du XVIIIe siècle : en Espagne, l'Inquisition règne en force, par l'intermédiaire du Frère Lorenzo. Celui-ci accuse la jeune Inès, muse du peintre Francisco Goya, d'hérésie : elle est emprisonnée après d'horribles tortures et le temps fait son œuvre. Goya voit son monde s'écrouler : sa muse a disparu et son pays est dévasté par l'intrusion des troupes napoléoniennes. Pour un peintre au service de la cour, la situation est très délicate ...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Francisco_Goya
L'atmosphère est impressionnante au début du film : sombre, couleurs très souvent obscurcies par le fait qu'elles sont tamisées. L'histoire est prenante grâce à un contexte historique bien mis en place (l'Espagne et l'Inquisition, fin 18e) et grâce à Javier Bardem, l'acteur principal, qui joue le frère Lorenzo.
Lorsque Nathalie Portman entre en jeu sous le personnage d'Inès, la muse du peintre Goya, des couleurs plus vives interviennent et égayent un peu l'ambiance ... Seulement, elle nous fait des yeux larmoyants durant ses brèves apparitions à l'écran, et on sent que l'histoire a voulu centrer beaucoup sur cette actrice au début. Cependant, deux scènes sont quand même très touchantes :
- le moment où elle est incarcérée par l'Inquisition : nue, frêle, fragile et sanglotante dans les bras d'un religieux aux idées sombres et malveillantes. C'est un passage effarant sous de nombreux aspects puisque Inès prie nue et confiante dans les bras d'un moine libidineux qui lui touche les fesses.
- les scènes de l'occupation française : Inès sort de prison, famélique, sale, minuscule, désespérée et complètement dépaysée ... Elle observe enfin la lumière du jour et voit un monde dévasté.
Quant au contexte historique, il est très intéressant mais manque toutefois d'un peu d'éléments qui rendraient l'histoire un peu plus compréhensible.
Javier Bardem est excellent : il mérite bien sa place de protagoniste principal avec son attitude effrayante. Il joue à merveille de ses yeux hallucinés et trop malins, de sa bouche démesurée, de sa gestuelle ample et calculatrice ... et j'en passe ...
La découverte des peintures de Goya est surprenante et semble tout à fait naturelle : j'entends par là que chaque apparition a un sens et ne détonne pas dans la suite des évènements. J'appréciais beaucoup l'accéléré sur la création d'une gravure par Goya et toute son équipe.
Ce film est donc à regarder pour tous ces points positifs et surtout pour l'acteur principal qui interprète le Frère Lorenzo. Cependant, le scénario est un peu fade et tire en longueur par sa banalité.
Publié le 18/03/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par François Ozon
Avec Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart
Film français.
Genre : Policier, Comédie
Durée : 1h 43min.
Année de production : 2001
Nous sommes dans les années 50, en pleine bourgeoisie campagnarde. C'est Noël. 8 femmes se réunissent dans la maison familiale afin de fêter cela ensemble. Mais le lendemain, le seul homme de la famille est retrouvé mort assassiné dans son lit. 8 femmes étaient là durant la nuit. Parmi elles, se cache la coupable ...
Ce film que je peux classer parmi mes préférés est digne d'un spectacle théâtral : 8 femmes dans un château. Pas de décor spécial mis à part la concordance des couleurs des murs et rideaux par rapport aux personnages. Un huis clos parfait !
8 caricatures interprétées par 8 actrices qui surjouent excellement, avec une très bonne maîtrise. Dès le départ, le vernis social qui se dégradera peu à peu est savamment mis en scène. En effet, nous assistons à la fêlure progressive des différents portraits présentés. 8 femmes bourgeoises qui se dévoilent peu à peu sous leurs vices les plus atroces. Ces personnes découvertes sont caractérisées par diverses couleurs :
- bleu royal : la femme mûre, royale, fière, théâtrale, dissimulatrice, avare, obsédée par l'argent et nombriliste ... interprétée par une superbe Catherine Deneuve à la gestuelle ample et expressive.
- rouge sang : la provocatrice, manipulatrice, ambiguë, charmeuse et charnelle jouée par Fanny Ardant plus belle que jamais, séduisante et à la voix suave, cette voix qui est lui est tellement caractéristique.
- vert ou bleu pastel : l'adolescente de 16 ans, rebelle, revendicatrice de liberté et d'un naturel qui fait de elle ce qu'on appellerait communément un garçon manqué qui n'a pas froid aux yeux. Cette jeune fille est interprétée par Ludivine Sagnier qui est pourvue d'une fraîcheur et d'un peps incroyables !
- rose bonbon : la jeune femme fragile, aimée de tous, souriante, désarmante par sa candeur, et la fille à sa maman, confidente et fleur bleue mais qui possède un secret peu reluisant, rôle magnifiquement endossé par Virginie Ledoyen, qui chante d'ailleurs très bien !
- noir et blanc : la bonne insolente, effrontée et peu souriante, jouée par une Emmanuelle Béart qui fait bien peur avec son air sombre et sa façon de se déplacée.
- bleu marine - gris : la gouvernante bonne vivante, qui sent bon les pays chauds par sa peau chocolat et dont l'apparence donne la protection à toutes les petites protégées mais qui cache un secret qui heurte la bienséance de la bourgeoisie ...
- gris : personnage aigri , mal dans sa peau, hypocondriaque et qui a besoin énormément d'attention ...
- mauve pâle : la mamy, avare, alcoolique, menteuse, qui fait tapisserie ...
Ces 8 femmes sont donc 8 couleurs : ces mêmes couleurs sont reprises dans les tenues vestimentaires mais aussi dans les couleurs des différentes pièces de la maison ...
Ce film, en plus d'être une comédie théâtrale est aussi une jolie et surtout touchante comédie musicale avec de superbes chansons directement interprétées par les actrices elles-mêmes. Les chansons sont de moins en moins innocentes tout comme les personnages qui défilent ont de plus en plus de choses à se reprocher ...
Tout est ciblé sur la gestuelle, les expressions des protagonistes mais aussi sur les mouvements et tenues vestimentaires : la robe rose innocente qui virevolte au gré des pas de danse joyeux, la robe rouge qui colle au corps charmeur, la robe bleu royale à la coupe parfaite et rigide, la robe bleu marine sans coupe, sans raffinement ... etc.
La sensualité (dans tous les sens du terme) et la fourberie se croisent, se mélangent et ne font plus qu'un au final ... Ce film est tellement bien réalisé, surtout si bien joué qu'il en devient répugnant tout comme Sitcom (sorte de télé-réalité du même réalisateur) ...
Il faut revoir le film une seconde fois pour comprendre tous les détails.
En tout cas, c'est une réalisation surprenante que je verrai encore plusieurs fois, avec plaisir !
Publié le 25/02/2008 à 12:00 par beletteverte
Date de sortie : 10 Septembre 2002
Réalisé par Claude Duty
Avec Amira Casar, Marina Foïs, Olivia Bonamy
Film français.
Genre : Comédie
Trois filles perdues ... trois filles seules ... trois filles qui vont vivre leur douleur ensemble. Elodie veut retrouver sa fille, Natacha son chat et Marianne son identité.
Chacune va s'épauler malgré l'asociabilité de l'une, l'alcoolisme de l'autre et la carapace de la dernière. Luttes, manipulations, amour et féerie vont se rencontrer mais qu'est-ce qui triomphera?
Ce film est bouleversant pour sa simplicité désarmante. Nous avons trois femmes qui n'ont pas eu toutes leurs chances et qui ont fait de mauvaises rencontres. Ce scénario cerne avec finesse la psychologie de chacune et assemble chaque morceau, ce qui donne un résultat détonnant : trois femmes qui ne sont pas du même monde et dont les personnalités sont très divergentes, vont se rencontrer et s'épauler.
Je craignais que ce film véhicule un féminisme excessif, mais pas du tout. Effectivement, il s'agit de l'histoire de trois femmes, chacune blessée par un homme ... Cependant, cet aspect n'est pas mis en avant-plan. Ce qui l'est, par contre, c'est l'amour que chacun peut trouver en l'autre. C'est le fait, que si elles veulent en finir, elles feront du mal à ceux qui les aiment.
Il s'agit également d'un mélange extraordinaire de dérision et de détresse : si la tristesse n'était pas accompagnée de comédie, cette réalisation serait déprimante. Le jeu des actrices est magnifique. Pas une n'est meilleure que l'autre : elles se valent et forment un superbe trio.
En plus, c'est aussi une comédie musicale, mais rien à voir avec les traditionnelles (on n'est ni dans Moulin Rouge, ni dans Chicago) : chaque personnage chante une chanson représentative de son état d'esprit (ou plutôt de détresse) et c'est très émouvant. C'est un scénario très sensible, très profond. Au début, on ne voit que la surface des protagonistes et puis, on observe leurs qualités et leurs travers, leurs pensées dissimulées et du coup, on s'y attache.
Et enfin, il y a un fort côté psychédélique dans la façon de tourner à certains moments ... Il y a des scènes très incongrues : un passage animé sur la princesse qui adore le Soleil, les instants passés un ethnologue espagnol, le trajet avec un Inca ... çà rajoute un mystère énorme dans une comédie qui tire vers le dramatique ...
Magnifique ... Un des meilleurs films français que j'ai vu !!! Et beau titre aussi, très significatif ...
Petite précision suite au commentaire de Mathieu : Effectivement, je tiens à préciser que lorsque les actrices chantent, elles ne le font pas toutes les 5 min (quoique, au début, elles chantent chacune à leur tour mais c'est très varié et pas du tout lassant) ... La musique donne en effet plus de légèreté mais pas tout le temps ... Au début, c'est triste mais au moins, on comprend l'état d'esprit de la femme qui chante sa douleur ...
Ce film n'est pas du tout lissé, au contraire ... Il y a des scènes qui pourraient peut-être sembler cucuche (genre, elles se tiennent la main ou autre, en chantant les yeux dans les yeux) mais cela introduit la notion d'amour dans un film où tout n'est pas tout gentil tout beau !
Et enfin, "cheveux gras", pourquoi? Car Elodie, la fille asociale, s'est laissée aller, au contraire des deux autres, qui ont toutes les deux un style très particulier. "Cheveux gras", c'est aussi pour souligner qu'Elodie est le point de rattachement entre deux femmes que tout sépare. Si le titre n'était que "Femmes perdues" ... çà ne serait pas assez significatif !
Publié le 11/02/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Rob Marshall
Avec Zhang Ziyi, Gong Li, Michelle Yeoh Plus...
Film américain.
Genre : Drame, Romance
Durée : 2h 20min.
Année de production : 2004
Titre original : Memoirs of a Geisha
Quelques années avant la Seconde Guerre Mondiale, Chiyo et sa soeur sont enlevées au père veuf et endetté afin de les placer. Chiyo atterrit comme servante dans une maison de geisha et sa soeur, dans une autre maison.
Chiyo doit se plier aux contraintes de la vie austère des Geishas. Au départ, elle n'était que servante. Mais, par sa beauté exceptionnelle du fait qu'elle a les yeux bleus, elle accède au rang supérieur et devient la geisha la plus reconnue de Sayuri.
Mais c'est sans compter sur la jalousie féroce d'Hatsumomo, une Geisha bafouée par son non respect d'une tradition très importante dans les traditions. Et c'est surtout l'histoire d'une Geisha amoureuse et qui n'a aucun droit de l'être ...
Ce film est incroyablement bien réalisé et Rob Marshall a bien interprété le livre magnifique d'Arthur Cohen. Ce qui est dommage, c'est que la V.O. soit en américain mais en même temps, les japonaises ont un accent à trancher au couteau et donc une certaine fraîcheur d'authenticité est maintenue.
Pour en revenir au livre, certains passages "épineux" du roman ne sont pas repris (il faut admettre que si c'était le cas, le film serait beaucoup plus long). Je trouve que c'est un manque cruel que la tradition du mizuage ne soit plus expliquée et dévoilée car il s'agit quand même de la cérémonie ultime qui fait que la jeune maiko devient une Geisha en perdant son virginité vendue au danna le plus offrant.
Les contraintes, l'austérité et le stoïcisme de la formation des futures Geishas sont splendidement découverts dans ce film authentique. L'actrice principale n'était pas la meilleure interprétation tout au début (la timidité allait moins à son personnage que par la suite) mais elle s'est rattrapée lorsque son personnage évolue dans la maison de Geishas. Les autres protagonistes étaient excellents par ce réalisme qui transpirait à chaque moment.
La musique est magnifique et accompagnée de décors splendides reprenant parfaitement les caractéristiques des coutumes japonaises et respectant l'état d'esprit de l'époque ainsi que la chronologie qui a mené au déclin des Geishas! La trame historique est donc bien respectée tout en étant magnifiquement romancée !
Publié le 11/02/2008 à 12:00 par beletteverte
Réalisé par Tony Scott
Avec Denzel Washington, Jim Caviezel, Paula Patton
Film américain.
Genre : Policier, Fantastique
Durée : 2h 10min.
Année de production : 2005
Titre original : Deja Vu
Un ferry explose à la Nouvelle Orléans ... L'agent Doug Carlin s'allie à une cellule du FBI afin de filer celui qui a créé la bombe si meurtrière. Il pensait s'attaquer à une histoire d'attentat mais il s'est trouvé entraîné dans un phénomène qui dépasse tout entendement.
D'abord, je tiens à préciser que les bande-annonces et synopsis que j'ai vus en dévoilent beaucoup trop. On devrait laisser le mystère planer un peu même si on apprend beaucoup vers le milieu du film !
Sinon, il s'agit d'un film américain typique, surtout au début, où j'avais l'impression que j'avais de nouveau affaire à un excès d'héroïsme patriotique ! Heureusement, cette sensation s'est atténuée par la suite !
Effectivement, au début, on a l'impression de voir un film classique d'une enquête sur un attentat terroriste mais vers le milieu du film, alors que la banalité semble prendre le dessus, nous assistons à un retournement de situation qui inclut un élément très original et haletant.
L'appariton de Val Kilmer sur nos écrans est relativement inutile d'autant plus que, sa prise de poids mise de côté, il s'est alourdit dans le même jeu qu'il adoptait dans Batman à l'époque ! Où est donc passée la splendeur qu'il avait dans Tombstone (réalisé par George Pan Cosmatos)?
Mais sinon, nous avons une globalité de bons acteurs. Denzel Washington a un visage spécial et très expressif. La femme était très jolie ... ce qui était l'intention de ce film ... QUESTION : si elle avait été moche comme un pou, l'histoire aurait-elle eu lieu? En tout cas, son air innocent contraste bien avec l'incroyable déterminisme froid du tueur !
Bonne réalisation quoique assez prévisible sous certains aspects. Bon film d'action, pas complexe mais qui fait tourner la tête !
Publié le 11/02/2008 à 12:00 par beletteverte
Date de sortie : 23 Janvier 2008
Réalisé par Joel Coen, Ethan Coen
Avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin
Film américain.
Genre : Thriller, Drame
Durée : 2h 2min.
Année de production : 2007
Interdit aux moins de 12 ans
Traduction : Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme
A la frontière entre le Texas et le Mexique, Llewelyn Moss tombe sur de nombreux cadavres de trafiquants de drogue, près d'une camionnette abandonnée. Il trouve une valise de deux millions de dollars et l'emporte : mais il remarque rapidement que cette valise ne lui portera pas facilement bonheur et sera la victime d'une poursuite infernale !
Le psychopathe est interprété par un acteur magnifique pour ce rôle : Javier Bardem a d'origine un visage très caractéristique et un peu effrayant par ses traits épais et grossiers. Mais dans ce film, son sourire est bien plus effrayant, l'accentuation étant mise sur un visage fou et sadique. (En cela, il s'apparente à Malcolm McDowell, d'Orange Mecanique : un visage sadique et pervers ...) Notre psychopathe est un tueur méthodique, méticuleux (comme un combattant dans une guerre) et toujours habillé en noir. C'est un personnage cynique qui contraste avec le personnage résigné, le shérif (Tommy Lee Jones).
L'ambiance est très sombre de par son accentuation sur les paysages vides et froids, les moments silencieux et morbides et l'insécurité permanente qui ce rend ce road-movie parfait. La violence et la cruauté sont perpétuellement présentes. L'originalité réside dans la 1re arme de crime : une bombe d'oxygène. Le début est rendu encore plus angoissant par son aspect un peu romantique : des ciels magnifiques tourmentés dans des plaines désertes ...
Le scénario est peu complexe et les dialogues ne sont pas fréquents ; cependant, les rares réparties sont très recherchées. Les deux premiers tiers du films sont très bien réalisés, avec tout ce qu'il faut quand il le faut mais la fin est quand même incompréhensible : La question de l'utilité de certains dialogues se pose, et donc, la lourdeur s'installe, mais heureusement, pas longtemps avant que le film ne se termine.
Sinon, rien à redire !